Hé oui, question toute conne que beaucoup de trve rebels de mon genre se sont souvent posée un beau jour où ils se sont retrouvés privés de sortie parce qu'ils avaient eu une mauvaise note en arts plastiques. Ou parce qu'ils ne font pas les études qu'ils souhaitent faire. Bouh les vilains.

Bon, les parents, ça baise et après la maman elle pond un machin gluant qui va pas tarder à se déverser dessus des hectolitres de purin pendant encore quelques années. Ce machin, c'est vous, eeet c'est moi aussi. Mais ça, la fonction première qu'est la procréation, à la rigueur osef. Ce dont jveux parler ici c'est de la fonction de parent, c'est-à-dire de tuteur (souvent génétiquement) lié à l'enfant. Le ou la personne qui a fait l'erreur de penser qu'avoir un gosse ça serait mieux qu'avoir un bernard l'hermite et qui a le devoir d'éduquer et d'accompagner le gamin dans les étapes vers l'autonomie, l'autosuffisance, la maturité.
Evidemment, on zappe direct les conneries du style "les parents servent à donner leur amour à leurs enfants", hein. Ce n'est pas de l'"amour", c'est de la possessivité animale. Et jcomprends très bien ce sentiment tout à fait normal, moi-même plus tard jveux que ma laitance féconde un voire plusieurs ovules, pour avoir mon gosse à moi qui va avoir la malchance d'hériter de mes gènes pileux et de ma néfaste influence.
Je ne parle donc évidemment pas de la phase biberon/sac à merde, qui n'est pas de l'éducation, mais de l'élevage style tamagotchi. Passons plutôt à la phase où le gosse a assez de neurones pour faire quelque chose de sa langue et de ses mimines dans l'optique d'une domination partielle ou totale du monde. Ou faire des action ou vérité. L'adolescence, la puberté quoi, le moment où le parent va vraiment commencer à se casser le cul pour bien faire fonctionner son gosse qui, malheureusement pour lui, découvre ce qu'est réflechir. En général, les parents préparent -consciemment ou non- leur stratégie d'éducation avant de s'attaquer aux questions de manière empirique. On observe trois types-caricatures de mode d'éducation, du moins classifiés sous forme de degrés d'intervention :
Il y a le parent-poule, le parent à qui on a dit depuis tout petit qu'il fallait aimer son enfant comme son truc le plus précieux, qu'il fallait s'impliquer quotidiennement à fond dans la vie de son gosse, quc'était sacré tooça. Être toujours présent, l'accompagner dans toutes ses activités, le pousser (ou le forcer ?) à faire certains choix qui paraissent bons aux yeux du parent, etc etc. C'est le modèle traditionnaliste catho, le "je kiffe mon gosse même s'il a une gueule ratée et qu'il devient militant nazi en écoutant Diam's. Parce que c'est mon gosse alors il roxe".
Je méprise ce modèle. Oui, il vient d'une très bonne et très saine intention qu'est la volonté dfaire triompher la vie et le bien tatasam, et surtout représente souvent d'énormes efforts répartis sur le long d'un certain nombre d'années. Par son existence, ce modèle rappel
le que faire un gosse, c'est une énorme responsabilité. Au moins, ce genre de parent se donne à fond pour son gosse, et c'est carrément louable. Mais saymal quand même. Parce que l'éducation sert à devenir autonome, et l'apprentissage de l'autonomie doit passer par la libre expérimentation, et donc forcément par des erreurs. Je n'aime pas l'effet "sur les rails vers la bonne destination". Ce n'est pas parce qu'on a pas encore quitté le foyer familial que l'on doit être inconditionnellement protégé de tous les obstacles naturels. Sans parler de l'influence sur les goûts, idées, et valeurs imposées directement ou non par des parents trop présents.
Il y a à cet opposé le parent ultralibéral. Un peu plus rare tout de même, ce type de parent considère que son gosse doit être totalement libre et attend qu'il vienne de lui-même demander conseils et aides. Et en attendant, on le loge et on lui paye la bouffe.
Encore une fois, ce type d'éducation, ça part d'un bon sentiment, c'est louable, mais c'est encore caca. En vérité, je dirais même que ça provient d'un excès de paresse. "Pourquoi faire compliqué, laissons le gosse se démerder, il pourra jamais rien me reprocher comme ça". Ben si, il pourra justement reprocher au parent de ne pas avoir rempli son devoir, sa fonction d'éducateur, de tuteur. Parce que le parent fait semblant de ne pas savoir qu'un jeune c'est con et que ça fait beaucoup de merde. Il n'est alors qu'un logeur remplaçable, pas un parent.
Au "milieu", il y a les parents libéraux. Eux aussi considèrent que le gosse doit être libre, y compris de faire des bêtises. Mais si les petites bêtises sont tolérées, les grosses conneries, style sombrer dans la drogue ou échouer scolairement, niet. Le rôle du parent dans ce cas-là, c'est de "recadrer"
le gosse uniquement lorsqu'il sort du cadre du "tolérable". Une autorité-signal-d'alarme quoi.
En toute logique, jdevrais dire "ah, voilà, le compromis-solution qu'il faudrait adopter". Oui mais non, pas tout à fait. En fait il faut se recadrer pour changer de point de vue.
La vraie question que jme pose, c'est "comment savoir si un parent a bien joué son rôle ?". Parce qu'à la question "à quoi ça sert ?", trouver la réponse est plutôt simple. Nos sociétés primitives se basent sur la famille parce qu'il y a toujours cette possessivité animale qui fait qu'on aime faire/avoir des gosses. Eh ouais, on ne naît pas encore en laboratoire dans des tubes : Schwarzy, après avoir rappellé que seul Dieu était maître de toute vie, nous apprend entre deux explosions dans à l'aube du sixième jour que c'est plutôt cher de naître dans un tube -ONE MILLION DOLLARS de mémoire-. Par conséquent, la route vers l'autonomie n'est toujours pas gérée par un Etat neutre et impartial, et c'est bien dommage (spour ça qu'il faut voter Raël). Du coup, avoir des parents, ça sert à avoir des gênes plus ou moins cool, et, principalement de fait, à être financé. Le parent ouvre son porte-monnaie pour que son gosse mange et fasse de brillantes études de fleuriste pour pouvoir subvenir à ses propres besoins. Sauf si vous avez quelques tubes sous la main, vous ne pourrez pas refaire le monde ; faut constater que le parent sert à vous faire décoller pour prendre votre envol.
Voilà pour la fonction générale de parent. Ensuite, allons plus loin ; comment savoir si un parent a vraiment été un bon parent ? Fastoche. Le bon parent, le gosse revient le voir régulièrement par unique plaisir et sans arrières-pensées héritageuses une fois qu'il a quitté le foyer familial. Ha.
Premier scénario possible : le parent est un gens inutile, un genre d'ivrogne raté qui viole quotidiennement son gosse et qui prend un malin plaisir à se défouler dessus, lorsqu'il ne s'en fout pas -en gros hein-. Là, le malheureux gamin apprend à ses dépens qu'on ne choisit pas ses parents, que c'est une joyeuse lotterie qui distribue des bons et des mauvais éléments. Et là, il se dit que le tube spas si mal, et va faire toc toc Raël. Bref, dans ce cas-ci, pour avoir une bonne relation parent-enfant, c'est foiré dès le départ, y'en a un des deux qui est déjà moisi. Reste au gosse à se contenter de bénéficier de la fonction essentielle de parent ; gratter son fric. Et pour ça, peu importe la gueule du parent qu'on a en face de soi, si ça spasse mal, au moins on apprend un peu plus vite que d'autres que le mensonge, l'hypocrisie et la manipulation sont les clés de la réussite. L'enjeu consiste à ignorer, sinon à se foutre de la gueule du parent pour avoir une chance de s'en sortir. Plus que toute autre expérience, avoir des parents qu'on aime pas est sans doute un des meilleurs moyens de se faire à l'idée qu'on ne refait pas le monde, et que, par voie de conséquence, on se doit de le baiser.
Deuxième scénario possible : le parent est un gens utile. Là, l'objectif que j'ai annoncé un poil plus haut, à savoir que le gosse revienne chez ses darons par unique plaisir à la fin de ses études, est envisageable. Du moins à deux conditions.
La première, c'est que le parent ne se détache pas de sa possessivité animale qui fait
qu'il regardera toujours son gosse d'un oeil plus interessé qu'il ne le faudrait, et qu'il serait même prêt à sortir son portefeuille sans trop de réticences lorsqu'il le faut. Mais attention : il doit rester conscient qu'il faut rester libéral et laisser son gosse se forger seul ses idées, goûts et valeurs. C'est ce parent qui va demander d'un air curieux à sa progéniture cqu'il pense de certains débats d'actualités et qui va regarder s'il écoute plutôt les Wildecker Herzbuben (j'ai leur dernier album !) ou bien Clara Morgane (je l'ai aussi).
La deuxième, c'est que le jeune humain respecte sincèrement son parent. Bon, évidemment, ça prend pas en compte le gosse crétin qui va haïr son parent parce qu'il lui a acheté une 360 pour noël alors qu'il voulait la wii. A part le respect que l'on se doit de ressentir face à quelqu'un d'expérimenté comme un parent, jvoudrais plutôt qu'on sremette en tête l'idée qu'un parent ne doit espérer gagner le respect de son gosse uniquement s'il le mérite. Je ne parle pas forcément d'exacerber un modèle de neo-jesus; je parle plutôt de se comporter en gens utile qui prend sincèrement soin de son gosse et qui fait des choses bien dans sa vie en tant que majeur responsable. Comme envoyer de temps en temps un rouleau de scotch à l'association Raoul Follereaud, ou, à la place, renflouer régulièrement le compte bancaire de Junior.