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30 novembre 2011

La drogue.

« Alors je plaçai ma pine brûlante dans son con, comme un couteau dans une motte de beurre. »

Guillaume Apollinaire

 


Texte PDF un peu plus user friendly dispo ICI


 

 tumblr_l16k6q11vm1qbd05oo1_500Bonjour ! 

Je l’avais déjà fait il y a longtemps, mais j’ai très envie d’écrire à nouveau quelques paragraphes bien fat sur la drogue, principalement parce que je suis une personne qui fait usage de drogues depuis plusieurs années et que les drogués aiment beaucoup dialoguer tout seul sur ce sujet (puisqu’ils sont drogués). Mon historique ; par pur et unique non-conformisme juvénile, hargneusement antimonde, j’ai mis relativement pas mal de temps à plonger mes lèvres dans une 1664 en prenant toutefois bien soin de grimacer d’avance. J’ai mis plus de temps encore à daigner inhaler une boule de cirage effritée, et carrément beaucoup plus de temps à téter tata nicotine pour la première fois. En dehors du rejet précoce et excessivement dogmatique des pratiques sociales à succès, il m’a fallu attendre le monacat industriel de bac+0 pour commencer à découvrir à quel point ça fait du bien de s’exploser légalement la gueule à coups de grosses caisses d’éthanol quand on sait que le lendemain on retournera se plonger dans des fiches-stabylo. L’habitude et la régularité s’installent (parce que c’était et que c’est bien, la drogue), et de nombreuses accointances autour de moi comprennent de moins en moins pourquoi je ronfle la tête contre le frigo après avoir une énième fois tenté sans succès de rouler à peu près correctement. S’ensuit un dialogue de sourds avec le monde, parce que pendant que certains se sentent héros de faire culpabiliser l’usager de substances, certaines  d’entre elles s’avèrent plutôt géniales une fois qu’on apprend à en faire un usage autre que fbmécaniquement social. Vous savez, ce cadre de conventions coutumières qui fait que depuis des siècles, le lendemain du souper, on brime en chœur ce bon Jean-Pierre pour avoir bu un petit peu trop, preuve en est qu’il a montré sa pine à table (la désinhibition du mauvais goût ou la dramatisation du prépuce, à vous de juger).

Sans tendance excessive pour la pratique du nihilisme ou pour la liquéfaction des valeurs judéo-chrétiennes pouvant y être associée, il faut admettre que quand on se veut un minimum aculturel et qu’on apprend que l’alcool est de loin une des drogues les plus nocives pour nos petits neurones, c’est pas trop ardu de cheminer dans la théorie pour conclure en disant que les drogues ça fait partie des très bonnes choses de l’existence.  Sauf que chuchoter un peu trop fort ce genre de refrain, ça rend socialement inadapté, ça rend un peu dangereux à côtoyer. Ne pas lutter publiquement contre la spirale de la drogue, appréhender ces produits comme des choses pas mal, ça mène à l’isolement typique du carton Moulinex sur le trottoir, ou, dans mon cas, au statut de polyglotte joggeur à cravate qui a non seulement arraché son master en conneries européennes des griffes d’un affreux trentenaire professeur en métrosexualité, mais qui a aussi trouvé Dieu et même atteint la stabilité et l’apaisement vodka_netmentaux durables. Bilan ; je ne vois aucune raison qui me pousserait ou vous pousserait à arrêter de vous droguer. Quelques regrets quand même, ne nous voilons pas la face, genre une promenade dans l’agonie blanche en ambulance au diesel, et sans doute un peu trop d’axones moulus par dame vodka. Mais du reste, oui, je pense pouvoir dire que bien naturellement, j’aime les alcaloïdes. Pour arriver à cette conclusion et aussi au statut de chaman en intérim, j’ai passé pas mal de temps à me renseigner et à réfléchir sur la pratique, alternant surenthousiasme et culpabilisation aberrante. Chacun ses spécialisations plus ou moins poussées ; après avoir beaucoup douté, je pense aujourd’hui pouvoir commencer à causer solide non seulement de Raël mais aussi de l’univers féérique de la drogue. J’ai même fait mon mémoire sur la « politique européenne de réduction des dommages liés au phénomène de la drogue » t'as vu, et songe assez sérieusement à orienter une carrière professionnelle dans le sujet, parce que je suis un jeune homme passionné qui commence à regretter de ne pas avoir plutôt reçu la formation du parfait petit neurologiste. En fait ça me fait limite chier de passer excessivement de 04 :00am à m’informer sur la nature des molécules actives des crapauds psychotropes, ou à plus généralement tenter de démêler ce sujet enlaidi par les croyances et autres tenaces désinformations. Il me faudrait FONTENAYdésinvestir un peu d’intérêt pour ce secteur, comme le mélomane a lui aussi intérêt à se désintéresser des sons insuffisamment reconnus, parce que faut bien dire que c’est pas ce qui paye le plus. Autour de ce non-mot erronant qu’est « drogue », y’a des constellations de gros thèmes à aspects politico-sociaux, philosophico-idéologiques, voire carrément scientifico-pharmaceutiques sur lesquels beaucoup de gens ne se bougent pas suffisamment le cul pour s’informer convenablement, alors même qu’on est un peu au milieu d’un tournant dans la façon de percevoir ces objets. J’oublie sans tact que ces mêmes gens ont peur du sujet parce qu'ils ont peur des consommations pas comme avant. Alors souvent demeure l’impression que tout a déjà été dit et qu’il est inutile d’en écrire davantage, mais j’ai aussi besoin de me faire la synthèse personnelle de mon opinion pour passer à autre chose, et puis si ça peut être sympa à lire, autant que ça soit un peu utile pour les quelques petits curieux endoctrinables perdus ici. Aussi, ça peut aider un peu à propager l’idée que foutre des innocents en taule c’est pas très gentil, c'est toujours bon de le rappeler. Ca serait tellement simple de résoudre le problème en disant tant pis vous êtres trop cons et mal informés et les drogués ont raison, mais le dossier n’est toujours pas disposé à se faire aborder dans une perspective scientifique par le citoyen, il demeure du ressort de la morale, et c’est bien tant pis parce que du coup on avance pas. Je suis incapable de me prononcer avec un minimum de conviction dans une conversation sur le yuan sous-évalué, mais la drogue est devenue un des quelques points où je peux sans effort apparaître hawkingen putain de militant de merde sans humour, aux limites du supportable (comme la plupart des représentants de cette espèce), ou du moins, c’est  un peu ce que je m’applique à prouver ici en proposant le produit de décennies de palpitantes expériences plus ou moins hasardement documentées. Je rassure, il s’agit ici de parler de drogue, pas de faire une tribune alakon pour rappeler que c’est évident  qu’il faut déprohibitionner au plus vite notamment parce que le dépoussiérant pour ordinateur sauvera l’humanité de l’auto-combustion. Pour ça, il suffit de s’informer, et moi jsuis pas un journaliste, alors ouvrez des millions d'onglets et appelez google à la rescousse lorsque vous croisez un mot obscur (du moins, lorsqu'il ne s'avère pas être un néologisme douteux) ; la question est résolue, y’a plus à négocier avec le Vatican pour tenter de parvenir à un compromis à ce sujet. Le décalage entre la vérité et la traduction juridique des mœurs actuelles est tellement immense qu’il n’y a plus à tolérer les drugsrefrains des ignares à autorité. Face au contraste, c’est pas étonnant de voir que nombre de drogués de merde pensent que la raison à tout ceci est du fait d’illuminatis souhaitant garder la main sur un monde matérialiste où l’unique direction à promouvoir pour patauger dans le nirvana serait l’élégant design de son téléphone ou le prix du nouveau canapé. Parler drogue en conjuguant pédagogie et scientificité c’est pas évident, parce que les drogues sont beaucoup plus différentes que les marques de sous-pulls. Alors j’avertis ; je resterai dans le registre allusif, là où chaque molécule mériterait pourtant une stricte étude individuelle.

Le principal bug dans la vision générale des aspects liés à la consommation de drogue, c’est que les mœurs, comme souvent, sont en retard. Le fait est qu’aujourd’hui, on conspue toujours autant les usagers de drogue comme on fait toujours autant chier les tarlouzes qui veulent se marier, alors que pour les mères abjectes qui font le choix d’expulser leur fœtus dans le vide-ordures, ça va mieux, la pilule est passée. C’est le même type de combat mené par l’inflexibilité des esprits, contrecarrer passivement l’eudémonisme par des règles erronées hyhéritées de corpus qui ont pourtant très souvent raison sur des points un peu plus essentiels de l’existence. Au moment où l’Hexagone découvre avec stupéfaction que la plupart –pas Julien Lepers- de ses animateurs télé sont de méprisables cocaïnomanes gauchers en cours de repenti, l’ONU écrit noir sur blanc que la politique de prohibition des drogues est un échec complet, et des revues d’experts à fond neutres hésitent pas à titrer « pourquoi 98% des français ont tort ». C’est pas l’opinion qui a démontré qu’être gay rendait pas sourd, c’est les gens sérieux. Nous autres déviants inoffensifs sommes au milieu d’un combat qui mettra encore plus de temps à s’achever que celui des fiottes, on te gâchera ta soirée encore longtemps en te demandant « mais pourquoi tu prends de la drogue ? »  plutôt qu’en te demandant « mais pourquoi t’es gay ? », parce que l’argument falsifié qu’est la cause sanitaire 1203_kenny_very_cheesedest bel et bien solide, incontestable même : se beurrer donne la gueule de bois. Mais en dehors des strictes conséquences pharmacologiques que provoque l’usage abusif de certains stupéfiants, comme pour la branlette, vous verrez bien en tentant la drogue que vous ne faites rien de mal. Un consommateur occasionnel, régulier, ou intensif de drogue n’est pas forcément un junkie. Quelqu’un qui préfère le shit à la vinasse ne se laissera pas forcément tenter par la perspective de prendre de l’héroïne jusqu’à plus besoin, et quand on précise que le frère de Rachida Dati est un usager de drogue, on pourrait aussi préciser qu’il est arabe, tant qu’on y est. C’est dégueulasse que des gentils pandas se voient ouvrir un casier parce qu’ils cherchent à partager les plaisirs et expériences qu’ils ont eu la chance de trouver sur leur cheminement. Ces doux plantigrades cherchent généralement encore moins le profit ou votre mort que votre très charmant épicier de quartier. Les mafieux qui se tuent à la kalach et roulent en grosse voiture rouge évoluent à des strates de pouvoir nettement plus élevées que celle de la modeste débrouille de votre petit dealer.

Le jour où on comprend que le débat actuel sur les drogues est essentiellement une querelle de mœurs, et qu’on a la saine idée en tête que les mœurs sont vouées àcannabisdroguemerdedangam8 être libérées, alors on progresse et désobscurantise. La loi interdit de dresser publiquement une image apéjorative de la drogue. Pour reprendre la comparaison de tout à l’heure, ça serait pas normal non plus de mettre à l’index des gays qui écrivent dans sodomite magazine que ça fait du bien de se taper dans le cul. Aujourd’hui, le luxe, le concours Miss France, et même la Marie Brizard sont légaux ; le lancer de nain, l’adoption de petits libyens par des couples homosexuels ou encore l’usage de certaines drogues sont illégaux. Ca peut et devrait changer. Avant de creuser le sujet en vue de la rédaction de mon mémoire au ton pratique, j’ai toujours pensé que toute décision politique accouchée de gouvernements pas extrémistes était obligatoirement empreintes de réalisme technocrate, que malgré la pression de concitoyens parfois un peu veaux, on pouvait pas impunément légiférer dans l’illogisme. C’est pourtant l’étude scolaire des conséquences de la politique de prohibition qui m’a fait réaliser que le spécialiste pouvait, au moins dans certaines thématiques, être dégagé du processus de décision trafficcen faveur des craintes et fantasmes simplets d’une majorité de vieux porteurs de charentaises à carreaux. Il faut dire qu’historiquement, l’une des vertus de la mondialisation avec le développement du trafic d’organes a été de propager les drogues dans les chaumières à un rythme tel que les ricardomanes Pernautphiles se sont naturellement sentis surpris et décontenancés par l’expansion effrénée de la polytoxicomanie dans leur fiasque d’armagnac. Sauf que, et c’est assez taré, on amalgamise encore pas mal trafic d’armes, trafic de putes, et trafic de stupéfiants. D’une, littéralement, l’illégalité produit le trafic, de deux, un bazooka ne peut être que métaphoriquement associé à une tablette de shit, les deux ne disposant par ailleurs pas du même niveau de conscience qu’une infortunée vietnamienne qui fume cigarette par le minou pour nourrir son village en paille. Cette très courante analogie est le fruit des reportages à sensations dans la nuit qui confondent investigation etarrest chasse au nègre. Comment, dans un tel cadre informatif, expliquer aux circonspects vieillissants que grommeler « aujourd’hui les jeunes ils ont besoin de se droguer pour s’amuser » n’est pas pertinent du tout ? Parce qu’hormis les cas où on se doit de sautiller sur du reggae sans discontinuité pendant des heures, on a jamais « besoin » de drogue, cette formule est aussi éronée qu'incongrue. On a pas besoin de prendre de petit déjeuner pour faire un Tennis à dix heures du matin, mais c'est plus judicieux et donc mieux. Est-ce tellement étrange que pour les sauteries du XXIème siècle, certains préfèrent l’aléatoirité neuronale et l’accélération des connexions plutôt que la pratique d’activités et rites ancestraux excessivement encadrants, style l’apéro, ou les douze coups de minuits qui sonnent l’heure d’invoquer les esprits en bramant quelques sempiternels couplets paillards ? J’aime bien la paillardise, mais j’aime aussi d’autres trucs, surtout les améliorations. Les moins vieux ont internet, ils aiment eux aussi beaucoup faire leurs céphalopodes devant six chaînes, mais ils aiment aussi bousiller l’industrie de l’entertainment en ignorant superbement ricardles crachins d’Hadopi. Mieux, ils ont accès à de solides alternatives aux lamentables spots de propagande gouvernementale unidirectionnelles et comptent bien les inclure dans la soupe primordiale de leur sens critique à ce sujet. Il faut se dire qu’historiquement, nos ainés ont évolué dans un environnement assez muet sur le sujet des drogues, ne pouvant s’éduquer que par la prévention officielle, par les croyances de hippies outrageusement bouddhistes, par les formules de morale et autres proverbes traînant dans l’atmosphère sous-entendant que la drogue c’est échapper à la réalité et que c'est donc mal voyez, ou plus directement et plus simplement, par la pratique. Une nouvelle génération se forme à l’information plutôt qu’à la coutume, et réinvente les pratiques et règles à partir du catalogue de molécules mis à disposition. Si la consommation de tabac diminue chez les jeunes, et qu’ils boivent moins souvent mais plus brutalement, c’est parce qu’ils détraditionnalisent et rationnalisent un poil leur absorption de psychoactifs. Ils ont compris qu’il était plus productif de gober une pilule ou de fumer un gros joint, plutôt que de juste combler les trous des conversations par de petites opérations nocives perçues habituellement comme naturelles, voire classieuses. Mais beaucoup d’entre eux, parfois parce dean martinque ça fait anticonformémement identitaire, restent quand même difficilement délogeables de l’acquis de deux générations formées par une propagande anti drogue ignare. Même auprès de beaucoup de ces jeunes, on passe pour un troll extrémiste dès qu’on aborde le sujet en s’étant au préalablement affranchi du cadre théologico-passéiste actuel, dès qu’on annonce timidement que la drogue c’est pas si mauvais pour la santé, et surtout pas si mauvais dans le principe. Et c’est gavant, parce que du coup toute discussion sur la drogue se retrouve polluée par des formules-clés et autres adages pastoraux pris pour des arguments officiels quand bien même ils relèvent du dogme, de la croyance, et donc de l’ascientifique. Ca fait qu’en prélude, il faut systématiquement s’affairer à légitimer qu’on a le droit de se droguer comme de tuner sa bagnole si on le souhaite, avant de pouvoir commencer à obtenir une chouette conférence intéressante et productive sur le sujet.troll Des fois, j’oublie que les plates banalités que j’écrirai ici ne sont pas aussi monstrueusement basiques qu’elles n’y paraissent ; pour beaucoup, ça sera franchement pittoresque. Faute de bonne formation, le mépris des obtus persiste. Reste à avoir foi dans le bon sens, ce truc qui s’adopte toujours en retard mais qui s’adopte, surtout si les gentils drogués continuent à baptiser au rythme actuel des adeptes de plus en plus nombreux (je participe à l’opération avec enthousiasme !).

On pourrait presque dire que « c’est pareil pour tout », mais faut considérer que l’univers mental que se représentent les disciples de la sobriété est particulièrement gavé d’archétypes bien trompeurs. L’information peine à percer à travers l’arsenal de la prévention, et les occasions de romancer en fonction de l’aspect tantôt rigolo, tantôt cool, tantôt sale que peuvent offrir les projections de l’imaginaire de la drogue l’emportent sur lmexican-drug-gange documentaire, lequel se souciera plutôt de présenter une substance pour ce qu’elle est. En méchants de film crédibles, les nazis sont obsolètes, à peu de choses près il n’y a plus que les terroristes, les drogués et les terroristes drogués qui font l’affaire pour combattre l’idéologie officielle du bonheur au fluor. Même l’ « information » joue à ce petit jeu périmé ; depuis que je me suis abonné au flux RSS google news avec comme mot clé « drogue », j’ai été forcé de redécouvrir à quel point le ton est paresseusement manichéen. De nos jours, si quelqu’un roule sur un humain en étant en excès de vitesse, c’est parce que le test salivaire a montré que le conducteur avait fumé des joints la veille. Les drogués, comme on les appelle, sont des êtres rampants et nuisibles aux comportements indéchiffrables (ils lèchent des crapauds) ; cet état de fait factice fait bel et bien office de visage médian du confortable angle que s’offre la bonne normalité en vue de se rassurer quant à la gueule de son karma. A coup de battage de long terme établi sur le maintien d’une peur, on a réussi à se convaincre que derrière le mot drogue ne se cache pas un répertoire afghanheroin-53de molécules et pratiques différentes, non, on n’y trouve qu’un piège à gens malheureux, et la salvation se trouve tout simplement dans à peu près tout sauf par là-bas. Face au rejet en bloc des drogues illégales qui arrange pas mal de monde, il s’avère au meilleur des cas très compliqué de chercher à démêler dans l’honnêteté le vrai du faux, encore plus à essayer de formuler des points de vue jouissant de la rigueur nécessaire à aider une réalité bien plus complexe qu’il n'y paraît à s’incruster dans les conceptions des néophytes. Vous n’avez jamais remarqué que les seuls usagers de drogue à être officiellement autorisés à donner leur mise en garde (devant les petits écoliers notamment) sont ceux qui font partie de la très petite minorité ayant connu des situations extrêmes de fond du trou avec carence en vitamines, au point de ressentir le besoin d’en parler autour d’eux ? Les autres usagers n’ont rien de spécial à dire, ils consomment et sont contents, et vivent leur vie. C’est le même mécanisme qui est à l’œuvre pour l’image des sarrasins dans l’esprit des occidentaux ; les paumés qui jettent des molotovs sur les caricaturistes de prophète sont à l’origine d’une mauvaise pub, comme les junkies en rédemption publique font office de confirmations vivantes que la drogue a été et est toujours le mal. La pertinence, c’est de se dire que la plupart des consommateurs de drogues illégales sont pas en train de pleurer sous un pont à se mordiller les doigts, mais dans leur salon à cannabisprofiter de la vie ; je n’invente rien, l'imparfaite dame statistique indique que les « usagers à problèmes » (pratique de l’injection, problèmes de santé, manifestation auprès des services d’aide) représentent, en fonction de la substance concernée, à peu près 5 à 20% des usagers de drogue. Les autres ne bénéficient pas de la même publicité, on ne les interviewe pas, ils se sont juste lassés de ne pas avoir l’occasion de respecter un système pénal obscurantiste capable de pourrir à vie le cv du type qui a oublié que fumer un joint dans un parc c’était complètement anormal. Ca va faire tout bizarre à certains des plus fervents défenseurs de la civilisation occidentale habitués à clasher easy les hippies et leur vénération dithyrambique pour leur substance préférée, mais le technocratisme européen est norml_remember_prohibition_2voué à corriger d’une manière ou d’une autre (sauf si sursaut totalitarien) les écarts juridiques les plus irréalistes encore en vigueur ; quand on regroupe les experts et données de vingt-sept pays de l’Union Européenne, ça donne des rapports et commentaires d’un tout autre ton que celui d’hommes politiques mathématiquement compétents que lorsqu’il s’agit d’aller dans le sens de l’opinion. C’est d’une évidence atterrante, mais il est bon de le rappeler : beaucoup plus que les effets secondaires des drogues sur la santé, c’est les conséquences de leur illégalité elle-même qui font mal au cul, que ce soit le cul de l’Etat, du contribuable, du consommateur, ou encore du flic chargé de faire le sale boulot. Parce que –spoiler pour ceux qui ne sont pas mexicains-, la prohibition est un bon gros fail ultradestructeur qui ne connaîtra aucune alternative tant qu’on sortira pas du filtre du jugement moral où on se dit que taper sur les doigts des curieux empêche probablement la tentation.

En attendant que le vent tourne jusque dans la pratique, on peut s’amuser à faire le tour des idées reçues que le cadre de mésinformation encore en vigueur a pu produire et maintenir. C’est après tout à cause de ces bien agressives erreurs de jugement que j’ai passé autant de temps à essayer de comprendre avant de m’endormir si ce que je faisais régulièrement était mal ou non. marijuana-not-for-hippies-anymoreMoi j’avais peur d’aller violer une octogénaire sur un coup de tête ou de me couper la teub avant d’égorger un agneau parce que j’avais envie de voir du sang couler. Et puis, à force d’entendre parler de schizophrénie, je commençais à me douter qu’à force de fumer de l’herbe je me transformerais inéluctablement en smeagol façon reggaeboy, du moins, avant de constater qu’en fait aucune étude scientifique n’avait réussi à prouver de corrélation beuh-schizo. Aucune étude n’a montré non plus qu’on avait besoin d’être hippie pour fumer des joints, on peut très bien avoir des idées fascistoïdes et apprécier un bon boudinet de bouddha cheese sur un très tempétueux morceau de Napalm Death. Sauf qu’il aura toujours l’air d’une larve, vous me direz. Les amateurs de vins et spiritueux doivent garder à l’idée qu’ils sont accoutumés à une drogue dansante ayant des effets tournés majoritairement vers l’externe, moins vers l’interne. D’ailleurs j’ai jamais compris comment le Capitaine Haddock pouvait rentrer dans des trips pareils avec juste du Loch Lomond. Que les soiffards comprennent qu’il se passe plus de choses dans la tête du fumeur que dans ses genoux. Il vit peut- être un orgasme auditif là devant vous, alors même qu’il a bulle___tchipl’air de contempler un mur en se disant qu’il va bientôt se coucher. Il ne rigole pas pour tout est n’importe quoi, il est juste plus sensible au comique de situation. D’ailleurs il peut s’adonner au plaisir de se décrocher quelques larmes pour lui-même en se faisant des séances introspectives sur du son remuant. Les préjugés qui accompagnent la méconnaissance des drogues inconnues peuvent prêter à l’amusante caricature, mais quand on commence à se dire que boire c’est normal et que les pubs Heineken sont sympas, que fumer un joint y paraît que c’est pas trop grave et qu’il faut essayer, mais que le reste, c’est pour les drogués, ben c’est moins amical. Parce que dans ce cas, on rate une occasion de passer de joyeux instants de camaraderie avec ces drogués (qui font généralement de bons compagnons tout à fait fréquentables) à cause d’une crainte et d’une perception négative, du fait du biaisement via association mentale de ces voisins à certaines de leurs pratiques. On peut théoriquement pas, même indirectement, reprocher à quelqu’un d’être un drogué, du moins, tant qu’il ne vous vomit pas dessus sans consentement. Exactement comme on ne peut pas reprocher à une jolie mamoiselle d’être gouine en lui expliquant comment se sortir de ce fardeau. N’ayez pas peur, il n’y a pas plus de trafiquants cwesaynoannibales dans votre salon que de bouilleurs de cru qui égorgent les gens dans les campagnes. La répréhension morale et la mauvaise image rabaissant les usagers à des drogués étiquetés par les conséquences supposées de leur consommation, couramment appliquée on l’a vu par la presse et dans le vocable courant, a pour effet de pousser les drogués à s’enfermer dans un cercle social plus ou moins clos de toxicomanes et autres individus un brin tolérants et surtout peu enclins à la délation. Y’a rien de plus chiant que de se faire casser son trip ou sa charmante soirée par un type en polo qui chie dans la colle en t’interrogeant sur les raisons qui te poussent à faire l’erreur de prendre telle ou telle substance, alors, t’es gentil, mais je vais causer à quelqu’un d’autre, on te demande pas pourquoi tu bois une bière. L’une des quelques véritables raisons qui pourrait éventuellement faire culpabiliser les fumeurs de joints serait de se dire qu’ils mangent vraiment trop de gâteaux et que ça fait grossir et donne des caries. Tant que les consommateurs ont un minimum de valeurs, comme pour toute autre type de convive, il n’y a aucune raison d’être inquiété par la perspective de se faire un trivial pursuit en leur compagnie.

REMPLACERCet article se veut aussi utile pour contrebalancer la surdose d’informations quant aux strictes conséquences de la prise de drogue sur la santé du consommateur, qui fait que beaucoup se dit et peu se sait à ce sujet. Bon, on sait tous que fumer du pneu encrasse méchamment les bronches, mais encore plus classiquement, beaucoup de braves tontons wallons pensent que c’est bien évidemment leur foie qui prend le plus cher lorsqu’ils picolent un peu. Pourtant ça semble évident Denis, c’est ton foie, tes cuisses, ou ton cerveau qu’est bourré quand tu t’enivres et te mets à voir double en allant compter fleurette à cette bonne Simone ? Même si c’est en train de changer, la plupart des buveurs s’inquiètent encore tout de même plus pour leur foie ou pour la carrosserie de leur caisse que pour leurs neurones, et pendant ce temps là, je regrette d’avoir pu engloutir autant par le passé sans avoir eu conscience du degré de nocivité type éther qui sommeille au fond d’une 20101106_WOC504_0bouteille de Vieux Papes. Quand on boit toute sa vie on se rend pas compte qu’on devient con. Mais comme on vit dans une société alcooliques de joviaux handicapés, ça passe plutôt inaperçu, en dépit du fait que la gueule de bois du dimanche soit souvent plus vénère qu’une descente d’excitants. Ok c’est chiant les kevins qui disent fièrement fumer quinze joints par jour parce qu’ils ont entendu sur un skyblog que c’était bien pour les malades de la sclérose en plaque, surtout quand on sait que ce qu’ils vont chopper au quartier congolais est au mieux bourré d’engrais chimiques, au pire honteusement frelaté au henné, la faute à l’absence de garantie de qualité que pourrait prodiguer une politique de légalisation. Si Claude guéant peut se permettre de déclarer sans intervention d’experts dans la salle qu’il y a 250 substances toxiques dans la résine de cannabis, c’est qu’il omet de préciser que c’est à cause de la coupe à la merde. Faute de recherches extensives, il faut avouer qu’on ne sait pas tout des effets secondaires et des potentialités de nombreuses molécules psychoactives. En crabe7dehors de la question des dégâts sociétaux, on sait au moins que la drogue liquide légale la plus répandue sur terre figure parmi l’éventail de celles qui carbonisent le plus la choucroute, neuronalement parlant (avec notamment la cocaïne, l’éther et le ricard). En fait, le plus nuisible pour l’aération mentale et le QI demeure tout de même avant toute molécule l’inaction comportementale des synapses, aka l’effet Bigdil, bien entendu ; à Noël, je suis entouré de quinquagénaires aussi alcooliques que vifs d’esprit du fait de la gymnastique régulière de leur cortex, alors ça me fait relativiser quant à la nocivité finale des drogues à l’intérieur de notre boîte crânienne. On est également conscient que les substances psychédéliques, que l’on retrouve par bf10ailleurs dans la nature, sont moins toxiques qu’un cachet d’aspirine et ne provoquent aucune dépendance, mais qu’ils peuvent induire de la casse psychologique en cas de mauvais usage sur des jeunots instables. Et on se doute bien que des opiacés, on ne peut abuser raisonnablement que de Lopéramide parce que l’aponie, c'est beaucoup trop tentant. Tous les autres dérivés de l'opium, même si ça reste possible sans se mettre à World of Warcraft, sont bien trop addictifs. Perso, j’attends mes 80 ans pour risquer de gâcher ma vie en me piquant, parce que ces trucs là, c’est pas désagréable, même fumés dans des bouteilles en plastique de cinquante centilitres. Mais pour la plupart des autres drogues, il n’y a aucun risque que vous ne déclariez des signes de dépendance avant d’avoir au préalablement procédé à un usage massif et prolongé. L’accoutumance, cette éducation qui est à la base de l’appréciation des qualités gustatives d’un vin ou d’une beuh, n’est pas un problème en soi. La dépendance, l’aspect négatif le plus systématiquement associé à l’idée de drogue, c’est pas non plus la fin en spirale d’un monde bf12désinvesti par l’Etat-providence, du calme, c’est juste un effet secondaire qui fait partie de la pléthore des comportements atypiques ultra mal perçus par la population qui pense qu’être accoutumé au cannabis, c’est baver tous les soirs en se tortillant sur sa moquette dans l’expectative de la livraison d’une dose. Cette dépendance peut plus sobrement faire office de signal signifiant que oui peut-être, on va un peu trop loin dans sa consommation. Faut savoir gérer sa vie, on peut survivre sans souci en étant dépendant, même si dans un sens c’est dommage, et puis ça coûte cher ces conneries. Ce sont avant tout les gens à problèmes qui sombrent, soit une minorité de drogués, certains se trouvant plus exposés à l’addiction du fait de facteurs génétiques, psychologiques, ou situationnels. La volonté, même si c’est important, ça ne fait pas tout, surtout en ce qui concerne la dépendance physique.

La curiosité menant à l’expérimentation et la consommation de drogue n’est quant à elle pas uniquement le fruit d’une pression sociale, bien que l’établissement d’un lien soit souvent prérequis pour mener à bien son shopping en vue d’agrémenter le weekend. Je l’ai évoqué, perso 11223344je me suis longtemps méfié de la drogue parce que j’y voyais une activité sociale pas assez misanthrope et trop hype dont le nombre d’adhérents de par les peuples et les cultures légitimait pourtant son droit à être pratiquée. Mais l’anticonformiste outrancier qui s’identifie ostensiblement à sa privation de stupéfiants a tendance à m’agacer, merde, c’est juste pas pertinent et même hors de propos quoi, tu vas pas nous faire une vegan pride tant qu’on y est ? Être un nazi fier de trinquer et de pas toucher à l’herbe parce boire dla bièrrasse c’est viril (et fait sécréter des hormones féminines dans les cordes vocales au fait) c’est antiproductif. C’est tout autant un piège d’exclure de son champ de vision les modificateurs comportementaux pour des raisons d’indépendance intellectuelle que de devenir un junkie parce que ça aiderait à se sentir synthétiquement artiste et que c’est très valorisant au lit alors que se droguer c’est aussi cool qu’extrêmement commun. Parce qu’à côté ouais, un matin bizarre j’ai vu la hype totalement ravagée qui m’a dit à renforts de fourrure artificielle « tiens c’est ce que les artistes ils prennent à San Francisco ». Mis à part ces cas de bien pénibles aubes, il faut admettre qu’une fois qu’o37308_411648798535_665063535_4398934_3522766_nn sort de la logique machinale de la consommation sociale qu’est presque moutonnièrement adécisionnelle, quand on arrive à voir la substance avec des yeux clairs et un jugement à peu près rationnel, alors on peut sortir des limites de la rigide modération et même de l’usage collectif, et ça peut devenir emmerdant car moins simple de se lancer dans le hors compétition. Le cannabis, lorsque l’on sait véritablement l’apprécier avec le temps et l’utiliser à peu près avec sagesse, en dehors de ses vertus sociales se traduisant par des conversations constructives et posées enrichies de connexions inhabituelles, peut également s’avérer très intéressant consommé seul avec soi-même, avec des images et du bon son, et pourquoi pas avec un canapé et un cocktail, vraiment. Il y a à dépasser la fonction exclusivement désinhibitrice des drogues, ce truc qui aide à inaugurer la perspective de niquer ce soir. Une expérience d’ingurgitation de champignons ou d’inhalation de poudre suspecte est souvent plus intéressante et productive lorsqu’elle est partagée, soit, mais ces inoffensifs passe-temps sont tout à fait praticables en solitaire, tout particulièrement l’allumage de joints. Tant qu’on est dans l’aspect social du sujet, woodstockprenez bien en note que c’est normal et pas underground de se droguer : c’est aussi sale, malsain, dérangé et rebel que de prendre le bus sans valider son titre de transport. J’ai d’ailleurs un profond mépris pour la rebellitude des hippies de merde et de leur pseudo contre culture à fleurs qui a contribué à populariser le rejet des drogues auprès de la société « normale ». Va m’expliquer le rapport entre mâchouiller un buvard pour voir fluo et manifester son opposition à l’engagement des troupes américaines au Vietnam. Affranchissons-nous de ces cadres mentaux qui font qu’on taxe telle molécule d’un décorum seventies ou telle substance d’un imaginaire rave party. Il faut comprendre que les opportunités permises par la drogue ne représentent pas une alternative homogène, surmythifions pas trop la chose, c’est un juste un pan de la réalité qu’il peut être agréable d’explorer, ça fait partie de notre culture, et même, dans un sens, de la tradition occidentale de rationalité, puisque celle-ci consiste à utiliser certains moyens pour atteindre certains objectifs, dont la félicité. Légalement ou non, y’a rien de trop ouf à se droguer, c’est normal, l’office européen des drogues et toxicomanies estime même qu’entre un tiers et la moitié de la population aura essayé les champis dans sa vie. Finissons-en avec l’usage irrationnel et avec la mythologie de la valeur sociale de l’acte de fumer des cigares cubains, de boire des grands crus, et de mâcher des grains de café fraîchement moulus par le paysan du fin fond de la jungle guatémaltèque. Arrêtons d'assimiler telle substance avec telle tel groupe social ou telle période de la vie, il n'y a pas de style vestimentaire ou d'âge spécialement requis pour se permettre de décemment fumer des joints ou de boire des trucs autrement plus forts que le vin et la bière (bien que la jeune constitution physique se prête davantage à l'exploration de l'abus). De la même façon, il est possible de grignotter des Special K juste parce que c'est bon, et non parce qu'on est une femme qui souhaite aplanir ses courbes. Eduquons-nous autre chose que le palais, et hoffmandroguons-nous rationnellement, dans l'approche la plus acivilisationnelle possible. Est-ce trop demander que d’espérer une normalisation de la perception du sujet ?

Ca permettrait entre autres de répondre à l’interrogation de fond : la drogue, est-ce que c’est bien ou est-ce que c’est mal d’en prendre ? Visiblement, si les gens qui essayent et y trouvent leur compte ont tendance à y retourner, c’est peut-être parce que c’est bien, non ? Peut-être avez-vous par hasard comme moi découvert l’alcool sur le tard, et que vous vous êtes dits que vous étiez passé à côté de quelque chose d’assez formidable ; ben dites vous que c’est la même pour toutes les autres substances que l’on ignore tant qu’elles ne se sont pas invitées dans votre salon, et qui s’apprécient souvent davantage avec l’expérience que dans le cas de la rapide initiation à l’univers de la piquette. Statistiquement, les gens qui découvrent enfin le cannabis connaissent une plus forte propension à se hasarder dans l’absorption de nouvelles substances, dont certaines plus fortes, on fait remarquer. Normal, parce qu’après avoir jeté un coup d’œil aux autres possibilités au préalablement  dédramatisées, il paraît clairement ennuyeux et même assommant de ne pas varier de plaisir chimique d’un weekend à l’autre, de stationner sur une seule substance au point qu’elle n’en devienne assimilable à une part d’identité et à un anoblissement douteux (du muscat au whisky en passant par la bière, il s’agit juste d’éthanol). C'est pas de la bravoure ou de la maturité que de refuser de tenter une drogue autre que l'héroïne, c'est principalement de l'étroitesse d'esprit, le refus de connaître ce qui est inconnu pour rester cloîtré dans un plus rassurant bastion. Les addicts au pinard sont à la base d’une respectable et même charmante culture d’œnologie qui ne se trouve pourtant être rien d’autre qu’une forme de gastronomie pervertie par la satisfaction d’une devilsaccoutumance. Être polytoxicomane, c’est sain, parce que c’est être ouvert d’esprit et curieux de voir ce qu’il y a d’autre dans l’index des trucs injustement interdits. C’est comme pour le cul, pourquoi se priver de la multitude d’orifices tubulaires que présente gracieusement une madame consentante ? Pourquoi, sur des considérations légales, se priver d’aller câliner un mickey pelucheux à Disneyland quand on peut test des casques en plastique au Parc Astérix ? J’apprécie l’abondance d’options qui prolifèrent dans le catalogue d’activités proposé aux jeunes qui se font chier dans la société de consommation, genre la puissance qui veille entre les touches de nos claviers lorsqu’il y a un réseau wifi disponible. De nos jours, y’a que les vieux cons moisis et puants qui pensent que la cyberdépendance existe, alors que c’est juste qu’enraciner son cul derrière son écran d’ordi est notablement plus judicieux pour choisir son programme que dans le cas de la télé ou du bouquin. De même, on peut être amené à tout à fait sainement souhaiter répéter l’usage de drogue, et ce, indépendamment de l’obscure influence d’un quelconque syndrome convulsif de dépendance névrotique. Le consommateur est satisfait et se ressert un godet, les chats retournent vibrer auprès de la cataire, mes potes considèrent après baptême qu’il faut crab55b2absolument prendre des psychédéliques au moins une fois dans sa vie, et les bonobos baisent dans la jungle, bref, tout le monde est content. J’ai trop bien vécu la convivialité picarde aux doux arômes de calva, j’ai pas mal touché au bonheur obligatoire à toute vie qui vaut le coup, alors je sais pas exactement si la drogue c’est bien ou c’est mal, mais je pense pouvoir dire sans me tromper, et sans vouloir excessivement faire mon eudémoniste, que la drogue c’est pas mal. Il suffit d’essayer pour se rendre compte qu’on peut certes et hélas incommoder des réfractaires environnant, mais qu’on n’enquiquine cependant personne directement.  Je comprends l’enthousiasme des drogués qui s’attardent un peu trop sur le dépliage du sujet et qui espèrent pouvoir un jour respirer dans le vide intersidéral en gobant un acide, surtout quand on prend conscience de l’énormité du décalage entre la pratique du code pénal et les insignifiantes conséquences de l’usage omaurice astrucccasionnel de drogue. Pourtant il est crucial de se méfier de ce que j’appelle « l’effet temple », le truc type rastafari qui fait que quand on aime le joint (que c’est dur !) et qu’on ne se lasse pas d’écouter du reggae (beaucoup plus dur), il y a des chances qu’on ressente le besoin de parachever l’absurde désir d’identification capillaire en se faisant pousser des dreads sur le crâne. Bon sang, tu vas pas te mettre à porter le béret et la moustache abondante parce que tu kiffes le Roquefort. C’est inutile de chercher à abusivement valoriser la drogue et tout ce qui peut justifier son usage, de gâcher son temps quotidien de disponibilité mentale à créer une surcomplexité artificielle à ces choses qui sont chouettes et marrantes, voire importantes, mais rien de plus. Même les enthéogènes, qui font littéralement redécouvrir la vie, ne sont qu’un moyen. Ne croyez pas détenir une élévation folle de conscience du fait d’avoir acquis un certain savoir-faire dans des disciplines un peu exotiques comme la mycologie ou la psychonautique. Devenir chaman tour operator n’est qu’une option parmi d’autres, comme le leadership de la pétanque, la maîtrise du hongrois, ou encore l’assimilation de connaissances monstres dans l’art de poncer des semelles orthopédiques.

non a la drogueOn peut aussi faire le choix idéologique de ne jamais essayer les drogues, mais ça sous-entend se baser sur un dogme quelconque, parce que c’est la privation arbitraire de certaines molécules qui relève du dogme, pas leur acceptation parmi leurs innombrables amies de l’univers foufoufou des atomes. La méfiance judéo-chrétienne pour les plaisirs physiques se veut être un garde-fou pour pas saloper le corps façonné par le très grand démiurge, alors que les manipulateurs de pipettes ont bien vu dans leur labo que presque aucune molécule n’était totalement mauvaise ou bénéfique sur l’organisme. Comme pour le beurre où y’a quand même de la vitamine A, tout dépend du nombre de louches et de la tronche de votre patrimoine génétique. Pour les athées satisfaits de leur pratique de l’hygiénisme, ça peut dépendre plus sobrement de la conception qu’on se fait du bipède au télencéphale hautement développé et au pouce préhenseur. Si on estime que l’optimisation de la productivité d’une vie terrestre réside essentiellement dans la culture maximale des traits de raison pure qui nous distinguent du cela dit très débrouillard poulpe tacheté, alors on peut se permettre de refuser poliment de tirer sur le pétard de peur de se désengager ne serait-ce qu’un petit peu de la fonction d’homme. On peut très bien choisir d’être un cerveau productiviste au regard des critères chinois, un génie du monde matériel qui refuse de tenter d’être un cerveau alternativement intéressant. beurreMoi aussi j’aime bien construire des ponts, mais j’aime aussi regarder sous space yaourt des japonais multicolores nous jouer quelques bons morceaux de musique bruitiste, parce qu’on a toute sa vie pour faire des activités à PIB. J’ai des conceptions traditionnalisantes et des valeurs fortes incluant gentillesse stable et responsabilité active en ce qui concerne le thème des interactions humaines, et dans le même temps je trouve qu’il n’existe aucun fondement moral réel à l’interdiction de se laisser tenter par la drogue. D’ailleurs, c’est un peu comme pour les flingues, les répercussions de leur mise sur le marché dépendent de ce qui se passe dans la tête de l’utilisateur, sauf que les flingues sont explicitement conçus pour trouer les rotules des gens qu’on aime pas alors que les drogues ne sont pas en soi des objets de destruction. C’est important de se droguer entre gens biens, de pas biberonner abusivement d’alcools forts quand on a une tendance au viol ou au démontage gratuit de gencives. Mais dans l’ensemble, rappelons que les usagers à problèmes sont nettement mpoulpeinoritaires, du moins autre part qu’en Russie. Même si on demeure constitutionnellement libre  de vivre son propre projet de vie, l’affaiblissement des passions idéologiques et des institutions collectives qui auparavant servaient de régulateurs sociaux tend plutôt à l’individualisation et à l’objectivation du rapport à la drogue. L’abstention totale ne peut relever que du dogme ou du désir de cure.

Mais d’ailleurs, c’est quoi exactement la drogue ? Parce que du point de vue de Mendeleïev, le banania, le café, les vitamines, l’aspirine, le sirop pour la toux, le chloroforme de tintin, la cocaïne et la colle sont à inclure dans la liste des coupables. C’est pas pour rien qu’en anglais, les drogues comme les médicaments sont en réalité des drugs. Rien que pour désigner les substances illégales, le mot « drogue » en lui-même est forcément trop réducteur, il cache d’innombrables noms de catégories de trucs qu’ont strictement rien à voir, dont, pour les spécialistes, les excitants, les cannabinoïdes, les opiacés, la cocaïne, l’alcool et ses cousins (ghb), lsd_3dla 3,4-méthylène-dioxy-N-méthylamphétamine à elle toute seule, ou encore les psychédéliques. C’est dès lors vachement inadéquat de vociférer que tout ça c’est la même merde, ou de sous-entendre que ces produits puissent être soumis à une comparaison. Et pourtant il s’agit bien du sens courant, on croit que ces drogues ne sont que des trucs tout chimiques et tout toxiques synthétisés par des vilains trafiquants qui veulent se faire de la tune en empoisonnant la jeunesse, alors que la plupart dont le fameux lsd se trouve dans la gentille nature naturelle, merde, la nature est chimie. La diméthyltryptamine est illégale, et pourtant y’en a un peu dans tous les êtres vivants de la création, plutôt ironique non ? On pourrait élargir le concept de drogue à l’idée du dopage, de l’amélioration de la machine organique dans tel sens et tel sens, et alors il ne restera plus qu’à y inclure le sucre, les trois œufs du matin, les compléments nutritionnels, les plantes calmantes genre tisane, et surtout les comprimés de vitamines au magnésium qui font pisser fluo, cocktail devenu indispensable si l’on souhaite trouver la motivation de bosser ses concours au mois de décembre. Essayez de vous faire une idée de la drogue indépendamment de son aspect, de son emballage, de sa voie d’administration, ou de ses connotations ; pensez molécule, faites vous une image à bdibujoase de bonnes grosses boules de couleur vive, imaginez une dose de couleur qui fait pschit quelque part dans votre organisme. Après tout, le thc en gélule au fond de votre estomac c’est le même que celui que vous fumez par les alvéoles (bien que l’effet final ne soit pas exactement le même mais ça on s'en fout).

De par l’objectivation de la perception des psychoactifs et de par la simple inclusion potentielle ou déjà en vigueur de ces produits dans notre liste de courses, on peut dire que c’est pas du relativisme que de constater que les drogues font partie de notre riche existence de sapiens sapiens, comme l’invention du prozac constitue bel et bien une forme d’adaptation de l’homme moderne à l’environnement qu’il s’est imposé. On se gave déjà de chimie, de caféine, de monoxyde et de pesticides depuis maintenant des décennies, et à l’échelle du millénaire, j’ai l’impression qu’il n’y a aucun coin au monde où on ne fasse usage d’au moins un psychoactif pour rendre de temps en temps la vie plus supportable, pratique, ou spirituelle, sauf peut-être les plus tibétains des terriens qui préfèrent se biturer à la Persephone_and_Demeterprière alpine. Les grecs des temples prenaient de l’ergot de seigle, Baudelaire et Lord Byron prenaient un peu de tout, les drogues font partie de notre culture depuis des siècles et des siècles et fera toujours partie du patrimoine culturel du genre humain, parce que le génie n’existe pas, c’est qu’une question de formation et de verres d’absinthe. Prenez le café. Maintenant que j’ai été initié à la vie de bureau, je comprends la détresse de mes convives lorsqu’ils prenaient conscience que je ne possédais pas de machine à café dans mon petit logis, et je saisis véritablement l’envergure de l’handicap face à la concurrence que représentait la privation de caféine pour survivre aux cours magistraux dispensés à sept heures de matins froids et brumeux. A présent, je fais partie du gang des toxs caféinomanes et je dois dire que c’est littéralement normal d’être tenté de s’épauler du pouvoir qui réside dans cette tasse dès lors qu’on dispose d’un estomac solide et d’un goût certain pour la productivité. L’expresso est un minirail, un boostant dont il faut en théorie se servir avec parcimonie, pas tous les jours pour aller promener le chien quoi. L’energy drink, quant à elle, est une belle invention indigeste au bon goût de bonbon, faut le reconnaître, mais beaucoup ne comprennent pas qu’elle n’est vraiment pas conçue pour être sirotée en réaction à une fausse soif survenant en fin d’après-midi. J’ai évoqué la productivité, paAbsinthe_Robette-1896rce que ouais, l’idée c’est que ces molécules qui agissent sur nos synapses peuvent nous aider parallèlement au progrès technique pour agrémenter nos esprits las et fatigués de quelques améliorations mentales ponctuelles. Loin de rêvasser aux promesses de cyborgs chimique du futur, je pense pas que l’homme manufacturé par Darwin soit complètement obsolète, mais que notre nature est tout de même améliorable autrement que par des poutres en acier ou des toupitis circuits électroniques. Question excitants, sans aller jusqu’à ostensiblement évoquer les miracles de la pervitine dans le domaine militaire, disons qu’ils sont à vivre comme des accélérations passagères du temps effectuées au prix d’une petite surchauffe de la machine. Le corps est conçu pour subir des stress temporaires, pas pour vieillir jusqu’à 120 ans. Sinon, y’a le cannabis thérapeutique multitâches et stimulateur de créativité pas toujours oisive, y’a l’alcool qui aide à niquer, y’a la psilocybine contre l’algie vasculaire de la face et pour les malades en soins palliatifs, y’a la morphine quand on s’est pris une balle de calibre 12 dans la fesse droite sur une plage de Normandie, et y’a même les psychédéliques qui, via de très ancestrales traditions de psychanalyse de la jungle, sont susceptibles de s’avérer très prometteurs en matière d’apaisement de névroses et de facteurs d’ouverture d’esprit. Je ne me sens toujours pas en mesure de déclarer que dans un monde parfait ça devrait être obligatoire de prendre des enthéogènes sur une jolie colline quand on passe son bac, mais y’a vraiment des trucs à propos dsmoke-dmtes tryptamines qui laissent songeur. Qui sait, un jour on comprendra peut-être que la dmt est à la fois une technologie transdimensionnelle plus cruciale que la maîtrise de l’électricité et tout juste à portée de main en plus, voire carrément aussi l’origine moléculaire de l’âme, ou pas. Il faut légaliser les recherches, parce qu’en décryptant les encéphalogrammes sous influence, on peut mieux comprendre comment la plomberie tourne et apprendre à savoir véritablement pourquoi la mélatonine c’est tellement bénéfique. On pourrait aussi chiffrer comment on peut accroître nos capacités et notre perception sans se détraquer les boyaux ou finir en camisole à chanter du Aznavour en éructant. Beaucoup reste à découvrir et à bidouiller, c’est toujours bon de tirer profit de la connaissance alliée au progrès technique pour régler des problèmes, et je vais être tautologique, mais c’est tout juste passionnant bordel, jusque dans le mystique et dans l’étude des cas de séances télépathiques avec extra terrestres immatériels. Y’a pas autant alien_icond’experts qu’il le faudrait pour partir à la conquête de la terra nullius que demeure le royaume enchanteur des drogues. Pourtant, une véritable « révolution psychoactive » sous-entendant le décloisonnement des usages traditionnels des drogues et la mondialisation des flux de marchandises a traversé le XXème siècle et continue à prospérer au XXIème, tout comme une révolution mélomane a récemment bouleversé nos tympans avec l’avènement du mp3 et du peer to peer. Il s’agit une évolution de long cours.

Calmons nous un peu ; pendant que l’avenir s’annonce radieux, multicolore à en être éblouissant même, la plupart des gens reprochent aux fumeurs de tousser et se bornent à l’idée que les usagers de drogue sont motivés par un unique désir de fuite de la réalité. Avouez que c’est plutôt triste. Bien entendu qu’on peut aussi consommer ces produit dans l’effacement provisoire du monde pour un exutoire plus abstrait, que ce soit au bar du prétexte ou dans une cave underground, pour se ressasser dans la contemplation du grand rien, mais merde quoi, c’est agréable. Et puis la drogue c’est marrant, n’oubliez jamais cet argument de poids. En dehors du bel égarement, vous aurez compris qu’il y a plein d’autres raisons qui poussent le drogué à en être un, que sa consommation ne relève pas uniquement de la pathologie individuelle ou sociale, surtout s’il se drogue dans une démarche lucide et informée. Il peut apprécier être productif du matin au soir aux dépens de la vélocité de son myocarde lorsqu’il se mettra une mine à l’occasion de son quarantième jubilé, c’est une option comportant des désavantages. J’avoue avoir un peu peur de cette tentation pour l’ultraproductivité. Mais perso, mon dada préféré niveau orientation de l’objectif drogue, c’est pas la colle, c’est les recherches de reconstruction neuronale, les quêtes d’augmentation de sensibilité et des plaisirs en découlant, et les expériences d’une autre dimension aussi. Vous savez, le truc qui fait que c’est bon de s’immerger dans un bon album de Grails en contemplant le bal des particules qu’exulte le foyer de son pétard. NDE-Charbonier-Vie-apres-la-VieC’est bien connu, le thc est très apprécié des mélomanes qui préfèrent repérer dans l’instant tout ce que cache un morceau de son, et ce, dès sa première écoute, en vue d’agréablement augmenter la productivité de leur mange-disque au lieu de rester un peu trop longtemps bloqué sur ses goûts sociaux du lycée. S’il vaut néanmoins mieux disposer de certaines prédispositions en termes de sensibilité artistique  pour éviter de se voir privé de voyage auditif augmenté et tomber dans l’incompréhension voire le mépris des fumeurs sous casque, n’importe qui peut à peu près s’essayer à profiter de la redécouverte des petits plaisirs de la vie via la sublimation que peut permettre la consommation de chanvre de bonne qualité. Je sais que sans le gentil coup de pouce de la drogue, je n’aurais pas vécu ces millions d’invraisemblables moments où la mémoire embuée s’inscrit dans l’émotion, ni ces putains d’expériences de fou dépassant de loin l’entendement et le malingre vocable du bipède, alors oui, j’ai pas peur de constater que j’ai tendance à dépenser mon argent dans la drogue plutôt que dans des nouvelles chaussures, parce que je trouve qu’il y a davantage d’intérêt à vivre une expérience de mort imminente plutôt qu’à porter un calebute en soie. Ignorer de son gré ces ludiques possibilités au profit de l’achat d’inconfortables fauteuils design relève presque de l’erreur morale. La stratégie de l’esprit sain par le corps sain est clairement tree_and_kid_thumb8824204valable en ce qui concerne l’exploration du vocable de la dimension « rationnelle » ou « civilisationnelle » des pouvoirs mentaux de l’homme, mais j’aurais tendance à penser qu’il s’agit là d’une stratégie incomplète. Le monde que nous voyons, c’est la vision des sapiens version 2.4 qui ont survécu à Darwin, alors croisons la avec d’autres types de visions. Au-delà de la pensée académique qui n’est au fond qu’un amas de textes délirants ruminés et revomis par d’habiles sophistes de la maxime et autres vétérans du scrabble, la perception complète de l’éventail de nuances et traits insoupçonnés de tout ce qui nous entoure est très importante niveau sens de la vie. Dans la même logique, on dira par exemple qu’il serait passionnant d’élargir notre champ de perception en le confrontant à celui de dauphins ou de petits gris afin d’en tirer un sacré point de vue probablement inapplicable mais assurément amusant. Cependant, cette dernière vision alternative à la version sobre ne doit en aucun cas empiéter sur la stricte raison du corps sain, laquelle gouvernera par nature notre identité de sapiens sapiens jusqu’à la nuit des temps. L’homme est pas fait pour caresser des feuilles d’arbre d’un air béat jusqu’au fin fond de l’éternité, il est fait pour bâtir des réacteurs EPR (et ITER) et coloniser l’espace pour poutrer de l’arachnide.

effet_raie_manta_1L’enrichissement de la perception, voilà donc le truc qui régit principalement ma consommation de drogues, peu importe la convention que le mot en vigueur pour nommer l’augmentation sensorielle soit « hallucinogène » et sous-entende donc l’illusion et non son contraire. Je ne suis pas fan du mot « psychédélique » non plus pour faire référence aux tryptamines, trop culturellement et historiquement connoté là où il ne se voulait évoquer que la stricte projection de la psyché. D’autres mots amusants existent, enthéogène, onirogène, mysticomimétique, perso j’appelle ça l’effet raie manta, parce qu’une nuit j’ai pas rêvé de la structure de la molécule d’ADN mais de ces très gracieux rajiformes. Bon, une raie manta, c’est grand et c’est beau quand ça nage dans l’océan, vous en conviendrez. Et quand soudain elle bondit hors de l’eau, c’est toujours la même raie manta, mais là on se rend compte à quel point c’est un animal qui déchire totalement, et on en ressort marqué à vie. C’est la même effet_raie_manta_2chose pour les augmenteurs à sensibilité, le temps d’une influence on est plus aware de tel ou tel secteur des millions de choses qui se passent en fanfare à chaque instant dans l’univers, bien que le compte-rendu relève le plus souvent de l’ineffable et de la leçon non-écrite, puisque s’articulant au-delà du langage construit pour s’exprimer sur une fréquence de pensée bien définie. J’aime pas être honteusement généraliste, mais on va dire qu’une certaine part de sensibilité s’obtient par le contraste généré par la déstabilisation de la perception, qu’elle aille dans un sens ou dans l’autre. Il paraît que le joint a la tendance homogène à faire vivre plus intensément l’instantanéité du moment, d’où le surkiff de son, la baisse de mémoire de court terme et l’affaiblissement du sens de l’orientation. Parallèlement, la schizophrénie, déshabillée de ses connotions négatives, peut en réalité davantage s’apparenter au sain détachement de soi et à la prise de recul qu’à l’archétype du gollum qui discute excessivement avec soi-même. La psilocybine, sans évoquer ses applications en psychothérapie de fond, ne fait pas voir des lutins en babouches. On peut certes apercevoir dans sa tête beaucoup de projections de notre désir qu’il se passe quelque chose là où il ne passe rien, il y a derrière les conséquences de l’action de cette drogue sur notre esprit une certaine déculturation du regard qui permet de contempler les arbres avec un oeil de nouveau né disposant du cortex et des connaissances d’un adulte, et elle peut aussi accorder le privilège de vivre des expériences Descartes_mind_and_bodytélépathiques avec des chats. Se déconditionner le moment de voir les choses comme elles sont véritablement, et non par le biais de l’image et de l’idée à laquelle on a appris à les associer depuis la genèse de la mémoire instinctive, sortir du système de pensée construit de la civilisation pour reconfigurer et rééchafauder ses conceptions, idées et cadres mentaux trop restreints, c’est plutôt bon pour l’intellect et le progrès spirituel. Mais sous cet état, forcément, on aura quelques problèmes pour exercer sa profession, surtout si c’est comptable. Or, les encéphalogrammes montrent que l’ingestion de tryptamines permet de désactiver temporairement certains coins trop cadrants de notre cerveau. Vivre de manière permanente sans ces fonctions serait peut-être incompatible avec notre processus d’évolution basé sur la maîtrise de notre environnement et non sur son acceptation, notre bulbe aurait, au fil des mutations et de la sélection génétique, confirmé une tendance au filtrage des innombrables informations parcourant notre système nerveux. Il faut se dire qu’être sous psychédéliques c’est bien classe, mais c’est pas très bon pour la survie dans la brousse, suffit de voir que l’évolution a fait que l’intoxication à la bufoténine est le principal moyen de défense des malheureux crapauds dont la peau, intensément sujette au braconnage à la fin des années soixante, constitue l’unique recours pour se défendre de terrifiants hippies chasseurs des marais. Moi ça m’étonne pas ce genre de théorie grossière, tellement ça peut paraître évident. Les tryptamines constituent assurément la clé chimique d’une bonne grosse porte pour s’élargir la gueule à de nouveaux horizons, les mayas l’avaient compris il y a bien longtemps et ils ont fait de super chouettes calendriers. Alors oui c’est passionnant tous les bouquins les plus sérieux et scientifiques sur les psychédéliques, au point 26497_397879945571_504870571_5016645_1984719_nde faire naître la tentation de tout plaquer pour débuter des études de neurologie tibétaine. Et la synesthésie, la confusion des cinq sens tellement la perception devient évidente, faites moi confiance, si on sait apprécier les belles images, ouais ça vaut vraiment le détour de goûter à la grande convergence, du moins beaucoup plus que d’investir dans un gigantesque téléviseur écran plat (et rien que financièrement parlant). On comprendra que jeter un coup d’œil à cette dimension sans mots, ou plus modestement fumer des joints, marque et réduit la probabilité de courir après quelque vanité ou illusion socialement et même intellectuellement construite. A ceci s’ajoute pour certains produits l’effet secondaire dépressif qui concourt indirectement à faire voir certaines choses avec un enthousiasme aveugle minoré, ou donc avec un bénéfique recul. Bien entendu qu’il existe d’autres moyens que la drogue pour arpenter ces territoires, y’a la méditation assise dans les neiges éternelles en toge orangée, mais il a été prouvé que ça prenait plus de temps et que c’était pas spécialement avantageux pour le cv. Pareil, pour écouter un morceau de musique avec l’oreille exacerbée, au lieu de fumer des joints, on peut aussi décider de se priver d’écoute de son pendant des journées entières, mais y’a rien de pire pour rester bloqué sur une mélodie insupportable dans la tête, quand Universumj’y repense j’ai d’ailleurs écrit mon mémoire les idées empoisonnées par un tube de Lady Gaga, c’était juste horrible.

En faisant usage de ces raccourcis, l’illumination ponctuelle peut même mener à l’épiphanie durable, la glorieuse raie manta peut se muer en totem montrant de la nageoire droite la voie du meilleur pèlerinage introspectif qui soit. En contemplant les collines picardes baignées dans de doux rayons de belle chaleur du mois d’août en ayant l'air d'un chat qui phase sur n’importe quoi en paraissant autistement content, j’ai eu la chance de vivre cette légendaire hausse ponctuelle de l’entendement, alors même que je voulais juste passer un bon moment à baptiser dans le jeûne et la positive humeur deux potes enthousiastes à l’idée de passer un après-midi quelque peu atypique. Certains prennent des buvards et attendent Jésus et autres révélations forcées, mais je peux vous jurer que je ne m’apprêtais pas à édulcorer l’ensemble de mes conceptions par un prisme éducateur ce jour là, je voulais juste vivre photoshop de mes propres yeux, j’étais tout innocent. Je l’ai évoqué, les 277109_220513724652349_2238310_ntryptamines, ça permet de voir qu’il y a clairement différentes couches dans l’atmosphère terrestre, mais ça permet aussi d’apaiser les névroses. Merde, avant, au fond, j’étais une espèce de connard de cartésien individualiste bavant de colère dans une hasardeuse et surtout immature pratique du maximalisme, et maintenant ça va mieux, et la spiritualité, je trouve ça tellement important que par corollaire je pense qu’être tenté de sucer des psychédéliques l’est également. Pour avoir vécu ce formidable redressement moral, cette mutation en tranquille pantouflard qui aime cuisiner des soupes pour ses copains en écoutant du John Zorn, j’imagine que recevoir une dose de truffes à l’occasion de la remise du diplôme du baccalauréat peut constituer une ébauche à peu près rationnelle de piste pour sensiblement réduire les dégâts sociétaux liés au processus d’aliénation succédant à l’issue d’assez trop étranges études. Ca pourra paraître con voire vaguement extravagant pour certains, mais ces trucs m’ont permis de vivre des choses extraordinaires se révélant carrément productives, que par pur altruisme j’ai envie de IyCqR4s33mhegzcqYKOD6ckpo1_400partager avec tout plein de gens que j’estime être suffisamment chouettes, et je voudrais aussi que le monde entier soit au courant que le code pénal est réformable, histoire qu’on puisse enfin officialiser cet acquis et passer à autre chose. L’enthéogène réactive donc, comme on l'a vu, certaines fonctions de notre cerveau parmi les plus mystérieuses, et permet d’avoir accès à certaines ineffables vérités autrement plus surprenantes que genre hey putain y’a Bill Murray dans Space Jam. Pour rester dans le vocable typé Palestine des temps anciens, je tempèrerai en ajoutant que ce type d’expérience ne sert pas tant que ça dans le monde réel, qu’il n’y aura pas de breaking news pour annoncer que Dieu existe et qu’on peut causer aux aliens via diméthyltryptamine, parce que y’a au fond pas grand-chose de vraiment concret à ramener de ces connexions avec le monde des esprits et du temps. Concrétiser le retour d’un voyage immobile qui s'est révélé abouti, c’est comme se casser le crâne à expliquer des couleurs à un aveugle. Mais on comprend cependant mieux de quoi cherchent à parler les adeptes de trucs très new age, ce récent dogme assez hétéroclite et coloré qui est surement à new_ageraison assimilé dans l’imaginaire collectif comme étant plutôt un gros paquet de bien exotiques conneries manufacturé par des humains qui ne savent vraiment plus quoi faire pour se sauver. La drogue ne permet pas de construire de contre culture basée sur le concept de vérité, elle permet justement de démonter idéologies, cultures et opinions pour en faire foutoir plus souple et moins énervé mais clairement impraticable. En fait, il n’existe aucun mode d’emploi, procédure établie, ou autres chapelets de litanies incantatoires pour trouver Jésus en mangeant des champignons. Même essayer d’y comprendre quelque chose, au vu de nos connaissances actuelles sur ce type de sujet, relève encore de l’hors de propos. En déplaise aux trop édulcorés théoriciens des paliers de l’élévation de l’âme, le filtre d’observation de la science humaine se révèle ontologiquement impropre à l’étude de petits mécanismes électro-organiques qui ne peuvent s’observer qu’à l’échelle d’un incompréhensible réseau nerveux formant l’organe le plus complexe du corps humain après le pied. C’est pour ça qu’Enter the void fait plaisir en termes de bon goût esthétique mais déçoit les psychonautes les plus mystico-sceptiques, la faute à un manque de mystère que délivre un powerpoint très haute résolution exposant chapitre par chapitre ce qui se passe avec ton âme quand tu crèves dans des chiottes à Tokyo. Les leçons que l’on peut tirer d’expériences significatives enter_the_void_2d’ouverture de portes de la perception sont strictement subjectives et donc individuelles, le chaman n’en a rien à battre de ce que vous pensez avoir vécu dans sa hutte ; même si on peut avoir envie de la partager, la bonne nouvelle ne peut s’articuler que pour soi-même, et c’est d’ailleurs pour ça que les tentatives de généralisation d’une vision de prophète illuminé ne peuvent qu’accoucher d’impertinentes religions bancales. Dans une perspective d’hyperindividualisation du sens de la vie, chacun a à trouver sa propre part de vérité dans le psychotouillage en fouillant et remuant dans la base de données des pensées accumulées depuis la sortie de la chatte de ta mère, parce qu’à chaque instant, y’a au moins autant de connexions possibles dans l’encéphale que d’atomes dans les croûtes de fromage du monde entier. Les projections mentales causées par l’ingestion de psychédéliques se basent bel et bien sur notre histoire personnelle, il ne s’agit pas de symptômes uniformes comme pour la cocaïne ou l’alcool, on peut trouver le démiurge dans un bouleau comme dans John Cleese, alors dead_parrotva trouver l’œcuménisme dans ce foutoir. Il existe probablement beaucoup à découvrir et à apprendre à propos de ces états mentaux alternatifs, il y aura peut-être un jour autant de pages wikipedia relatives au psychédélisme avancé que de pages ayant trait au reste de nos acquis de l’an 2011. Reste à comprendre sous quel angle aborder efficacement le sujet, parce que non seulement il n’y a donc pas de mode d’emploi fourni dans la boîte, mais en plus il faut rester conscient qu’il ne s’agit pas de molécules à fonction définie comme si elles étaient spécialement assujetties à tel rôle précis d’enthéogène dans la biologie terrestre ; le concept de potion magique n’existe que dans l’imagination des gaulois. D’ailleurs, il y a toujours dans les augmenteurs à sensibilité une part d’éveil mais aussi une part de stricte altération ; ce n’est pas parce qu’un béluga vous apparaît dans un buisson ardent un aprem sous acides en Corrèze qu’il faut se mettre à mener une autoanalyse psychanalytique 06_beluga_461sp073108complète ou chercher à en délimiter le sens exact. Pire, peut survenir un effet soupe ; un joint de temps en temps éveille de fait les neurones, mais le surusage quotidien à la amstellodamoise produit des pensées lentes car confuses. La créativité, l’accélération et l’ouverture permettent de rajouter des briques toutes neuves à l’édifice de ses conceptions, mais si ça s’embrouille, ça stagne, voire des pans entiers s’écroulent et se liquéfient. Ce n’est pas une légende que certains individus impréparés restent perchés à vie pour avoir pensé à tort bien se marrer en prenant trois barquettes de champignons mexicains au camping d’Ulvenhout. Laper de l’ayahuasca n’est pas non plus ce qu’il y a de plus recommandable si l'on souhaite poursuivre une vie normale ou éviter de se pendre le lendemain. J’ai la sensation que plus on s’éblouit dans l’ascension ambitieuse de son troisième œil, plus on aura du mal à se trouver un job convenant, à se stabiliser avec une concubine ou à se préserver dans des rapports humains trop compliqués. Même si c’est bel et bien l’intérêt du pouvoir des psychédéliques, il faut faire en sorte qu’ils n’influencent jamais trop votre rapport au monde réel, il est possible de perdre la base vitale. D’ailleurs, on peut certes développer son monument intérieur jusqu’à des hauteurs vertigineuses, mais il faut auparavant s’appliquer à construire des fondations solides pour ne pas se gourer et se casser la gueule, on peut pas avoir de révélations positives psychoprojetées à partir de rien, faut s’en donner les moyensulvenhout intellectuels et mentaux pour traverser les dimensions sans oublier de rentrer à la maison. Dans la pratique de la vie de tous les jours, il faut s’efforcer de rester le plus possible dans le monde des humains, et éviter de trop se nidifier dans un recoin de sa boîte crânienne, parce que les autres gens dehors, ils ont jamais connu l’hypersensibilité, ils ont pas encore trouvé Dieu, et ils en ont strictement rien à foutre qu’un soir t’aies eu un trip sensoriel dingue avec une serviette de bain, alors ils continuent à couper des arbres et à mettre des hippies au chômage. Libre à ceux qui le souhaitent de ne pas transitionner vers l’ère du post-matérialisme, d’autres ont aussi le droit de refuser l’option chimique et de laisser libre cours au destin et à la magie pour attendre de voir la gueule de Dieu dans le cosmos, mais qu’ils sachent tous qu’une paisible -car lucide- conciliation est possible. De la même manière qu’on dispose aujourd’hui de la chance de bénéficier du progrès technique pour parvenir à certains buts de manière plus efficace, pourquoi se priver de ce pan là de la maîtrise et possession de la nature ? Si ta mère elle chie des navets, tu seras plus heureux qu’on lui fasse une coloscopie plutôt qu’une saignée et trois Notre Père monocordes. Comme pour les nanotechnologies, le nucléaire, la manipulation génétique et l’ethnobotanique, il faut poursuivre le passionnant déchiffrage des perspectives que la maîtrise de ces bouts de rouages annonce,univers et valoriser tout ce qui peut aider ad vitam à trouver des raisons d’être plutôt sympa et positif avec les gens. Encore des raisons de penser que l’avenir va être passionnant, alors ne vous pendez pas tout de suite, ça serait dommage de louper ça.

Je ne crois pas en l’abus de drogue, comme je ne crois pas en la modération. Reparlons des questions santé. Les deux piliers de mon sentiment à ce sujet restent les trop nombreux vieux alcooliques à l’esprit vif et autres génies drogués qui trainent dans mon environnement d’une part, et juste qu’il est avéré qu’il faille faire usage excessif de certaines substances (d’autres ça va) le plus tardivement possible pour éviter de faire évoluer son cerveau en pleine croissance et en cours d’échafaudage dans de mauvais équilibres et de le marquer plus facilement dans alcohol-brainla dépendance. Sur ce dernier point, je préciserai que c’est d’ailleurs pour ça que je suis favorable à un genre de permis de consommation limitée en fonction de l’âge, comme ça on pourra se foutre une mine le samedi d’avant aller voter la première fois. Franchement, c’est moche de voir des scans de cerveaux de gens qui ont commencé à picoler tôt, et autrement plus grave que des poumons engoudronnés. Avant de faire gouter à votre fille son premier picon, dites vous que l’usage problématique d’alcool touche légalement plus de cinq millions d’éponges en France, et que même Attila est mort des suites d’un syndrome de Mallory-Weiss. Au-delà, simple question de bon sens, tout approfondissement de l’usage d’une substance doit être de préférence être considéré comme transitoire, c’est suffisant pour ne pas sombrer. On ne peut tout de même pas sérieusement considérer l’option de vivre perpétuellement perché, c’est un peu trop nihiliste. Je propose aussi qu’aucune substance ne soit consommée quotidiennement pendant trop longtemps, picon-biereclope, café, somnifères, et praliné blanc côte d’or compris ; il faut savoir distinguer nettement tel jour de l’autre, telle partition du temps d’une autre période, en gros, varier les plaisirs, histoire que le corps et le comportement ne s’adaptent pas trop au contraste. Inutile de préciser non plus que c’est presque mieux de vivre une vie sans se salir le cortex, sans tirer de l’abstention un dénigrement affiché pour certaines activités à caractère neuronal. Franchement, il ne faut pas avoir un schéma de hitpoints qui descendraient lorsque vous consommez telle ou telle drogue, ou encore une doctrine des mœurs qui te ferait culpabiliser à chaque fois que t’allumes une clope juste parce que c’est mal. Ce que j’ai appris de mon processus de collecte d’informations quant aux implications médicales de l’usage de drogue, c’est qu’on maîtrise pas totalement les questions de santé. Saviez-vous par exemple qu’on ne sait toujours pas ce qui provoque la gueule de bois conséquente à la consommation massive d’alcool de riz ? Je pense que le peu que l’on sait doit faire l’objet d’une diffusion large et pédagogue, l’information doit être préférée à la prévention, une brochure explicative doit être fournie avec votre pipe de crack, sinon les générations de plus tard continueront de commettre des erreurs grossières et vont excessivement se moudre la matière grise à coup de redoutables antidépresseurs sans même en être conscient, et ça, ça serait regrettable parce que c’est un peu con, quoi. C’est la séculaire pratique sociale de l’alcool fondue dans le paysage de la conventionalité qui rend alcoolique sans même qu’on s’en rende compte. L’idéal serait que les gens s’y connaissent sans même essayer, et que chacun gère lui-même son agenda des effets secondaires en fonction de son patrimoine génétique et de ses objectifs. Si vous avez du mal à comprendre les nuances, contentez-vous de suivre le précepte de la modération, sinon, prenez autant de drogues que vous le désirez tant que vous disposez du d_somorphineconfort psychologique, matériel, physique, et situationnel requis pour permettre une autogestion des effets potentiellement néfastes. Les plus faibles du mental connaitront plus de risques de se laisser aller dans la dépendance incontrôlée et ou dans la plus infâme des psychoses, les pauvres finiront en léproserie à s’émietter les talons à cause de la désomorphine (genre d’héroïne discount), les cocaïnomanes au taux de cholestérol bien trop élevé trépasseront bien évidemment un peu plus vite que les autres, et le psychonaute trop passionné risque de se désintéresser de la date de ses prochains examens. Il arrive qu’on expérimente sous une forme ou une autre l’abus avéré d’une substance, et c’est seulement là que l’on peut apprendre par soi-même les règles à adopter pour rester dans ce que l’on pourrait appeler une modération personnalisée. Ce ne sont pas vos collègues de bureau ou votre lointain tonton qui sont en mesure de vous fixer un certain seuil de modération ; ce sont ceux qui ont eu l’occasion d’expérimenter l’abus qui savent s’ils peuvent ou non s’accorder un dernier coup de 66859_10150137132464358_644064357_7898927_3590463_npinard avant de conduire leur grue. L’abus doit être éducateur, il ne doit pas précéder à la solution aussi extrême que facile de la révolution personnelle via l’absurde et surtout inefficace sevrage intégral. Même si vous venez de côtoyer le lamentable gâchis du suicide involontaire, préférez la réduction à la rédemption, c’est un modèle plus souple et sans doute moins périlleux à suivre. Y’a certains désagréments contre lesquels on peut pas grand-chose et avec lesquels il faut savoir composer. Un cerveau, c’est de notoriété publique que ça cherche l’équilibre, alors tout ce qui monte redescend. Personne n’aime souffrir d’une malheureuse prédisposition génétique qui rend docile à l’accoutumance, mais j’aime pas dire que les drogués sont des malades comme les autres, il faut faire de son mieux pour se gérer son cul tout de même, bon sang. A l’inverse, pourquoi brimer et criminaliser des drogués que les suites destructrices de leur abus sanctionnent d’ores et déjà ? La réalité fait qu’un junkie se voit professionnellement privé de piscine, et se voit même physiquement ôter la capacité de devenir astronaute ou champion 1256_001Mde boxe.

C’est cette pression ergonomique du réel qu’exerce l’économie de marché qui sert de véritable et légitime garde-fou aux dérives les plus noires de la consommation de drogue et de la mutation en larve ésotériste assistée. Parce que même les drogués les plus ermites sont conscients que pendant qu’ils font la ronde en lévitation avec des personnages de dessin animé dans une pourtant très paisible prairie, des milliards de chinois s’agitent dans tous les sens pour renforcer leur compétitivité. On grandit face à un monde en dur, pas dans un univers spirituel et onirique, alors quand on se détourne un poil du monde réel, on s’en prend bien évidemment plein la gueule. Dans ce sens-la, rappelons que les situations d’enlisement économique dans la droguasse anesthésiante, typiques des collebourgades de sans-chaussures du monde pauvre qui chie du sable, sont tristes et justifient un peu certaines restrictions d’accès. En dehors de cette considération somme toute très triviale, je pense qu’il faut garder à l’esprit une constante estimation de son rôle économique réel, histoire d’éviter de trop trainer dans le club des impassibles loques altermondialistes. Les drogues sont des améliorateurs, pas les produits d’un effort en soi (plier son coude pour absorber un mojito). Le junkie chronique bon à faire des économies sur les mannequins de crash tests doit garder à l’esprit qu’il devrait se limiter ses usages improductifs de drogue (style compulsif) de sorte à à peu près demeurer un bon travailleur qui agit dans l’économie globale et qui paye son loyer. Cette conscience économique ne relève pas uniquement du choix moral du non-parasitage, mais aussi plus simplement de considérations très réalistes mises à plat sur notre époque pleine de flux concurrentiels. Les effets indésirables ou non qui sont liés à la consommation prononcée de drogues vont bel et bien à rebours de la logique de production optimale de biens et services, que ce soit la gueule de bois imprévue au bureau ou la liquidation de son mobilier puis de ses stocks de pommes de terre en vue du financement des junkieprochaines doses hebdomadaires. Pendant que nombre d’universités organisent des weekends entiers sur facebook pour tester leur résistance à l’alcool, d’autres solitaires comptent le peu d'heures de bachotage qu’ils leur sont octroyées avant l’heure fatidique de la sélection pour l’à peu près confortable survie de classe moyenne. S’il souhaite se payer un nombre toujours croissant de paires de chaussures dans l’avenir, le bon vivant appréciant s’adonner suffisamment souvent aux plaisirs de la bacchanale a tout intérêt à remplir un peu plus judicieusement son agenda du weekend. Mais si, en revanche, on projette de vivoter agréablement le long de toute son existence avec une connexion internet, des pâtes aux lardons, et deux ou trois pieds de beuh, alors il n’y aura que la répréhension de la foule comme limite matérielle à l’appréciation de récurrents moments d’improductivité neuronale que sont ces sympathiques soirées où l’on décide de mettre un paquet de slims et ou quelques bouteilles sur la nappe. La main invisible du marché choisira les moins hédonistes d’entre nous et forcera les usagers réguliers à trouver l’équilibre entre survie dans la hiérarchie et exutoire pharmaceutique à un quotidien sans iadamsmith1ssue. Si on évoluait dans une société anarcho-libertarienne laxiste, laisser les gens fumer des joints serait beaucoup plus destructeur qu’actuellement, puisqu’il n’y aurait pas cette force contrebalançante du marché, aucune barrière naturelle ne subsisterait aux lourdes tendances à l’oisiveté économique qui caractérisent l’humain non-stimulé par son chef ou non-mué par la vacuité de son garde manger pour l’hiver. Dans cette optique d’autogestion de ses limites au cœur d’un environnement hostile, je ne crois pas en l’argument libéral dogmatique comme quoi l’Etat a moralement pas le droit de décider de ce qui est bon ou mauvais pour vous, mais par contre je crois que le type qui commence à trouver que sa dépendance met en péril pas mal de ses conquêtes du monde professionnel aura tendance à reprogrammer sa consommation au lieu de rester dans l’immobilisme en écoutant les râles de la foule lui dire qu’il n’est qu’un drogué et que les drogués seront toujours des assistés drogués. Peu importe que ceux qui font le choix de se défoncer la santé contribueront pourtant au renflouement de la sécu en évitant de se décomposer lentement en parallèle de coûteux soins palliatifs artificiels qui maintiennent le corps des décennies au-delà de là où il était pourtant conçu pour aller. Chinois sous méthamphétamine obligent, dans notre époque néolibérale où la concurrence en laisse mathématiquement de plus en plus sur le carreau, pour avoir une chance de s’en sortir accueil-carte-telephoneparmi les affres de la chaîne de subordinations, il faut se lever tôt pour travailler le dimanche, ne pas perdre de temps et d’énergie à dire bon ben salut à un partenaire de lit déniché la veille. Passer une heure à consommer une drogue autre que la cocaïne, c’est faire autre chose que de se préoccuper de l’état de son taux de productivité par tête, puisque c’est bien ce taux qui détermine principalement l’organisation du classement hiérarchique. Il suffit de voir à quel point la jeunesse s’est adaptée à ces contraintes contemporaines poussant à l’excavation de ce bon Stakhanov, elle a assimilé en bonne partie qu’energy drink et vitamines étaient aussi nécessaires que café et chants patriotiques virils pour s’en sortir un minimum dans la lutte des classes. C’est très important et même crucial de prendre des décisions collectives pour nous donner les moyens d’endiguer les vagues d’ogives déflationnistes en provenance de RPC, et parmi ces décisions potentielles, on peut être tenté blanche-neige-et-les-7-n-ii05-gde priver de pétard les adeptes de l’école buissonnière. C’est vrai qu’il vaut mieux préférer devenir un disciple de Pythagore plutôt que se murer dans les isolats artificiels que peuvent se révéler être l’étude de la musicologie ou de l’histoire romaine. Chercher à comprendre comment les choses fonctionnent, du moins, dans une autre perspective que pour savoir de quelle manière s’en rendre maître de sorte à décrocher une promotion, ce n’est pas très rémunérateur, et c’est logique et presque tant mieux. Mais si on considère que la productivité a pour but réel l’abondance de choses chouettes de sorte à ce que la plupart puisse régulièrement s’estimer satisfaits de leur vie, alors il faut laisser au chinois aliéné l’option de se perdre de temps en temps dans de douces mélopées au préalablement augmentées, ou encore d’aller danser comme un Fu au cours d'une espèce de messe sauvage très rythmée en aimant tout chinoisle monde le temps d’une nuit, tout comme il a de plus en plus le droit d’aller au bowling ou de test le saut à l’élastique.

Si l’on prend en considération que la prohibition du saut à l’élastique et l’absence de contrôle qui en découle peut déboucher sur des grosses conséquences létales pour les rebels qui se laisseront tenter par les propositions du marché noir de l’élastique dans l’expectative d’édulcorer leur quotidien, alors il faut s’organiser de sorte à rendre moins meurtrière (et donc moins improductive) la pratique du saut à l’élastique. Désidéologisation des questions publiques oblige, les hypothèses de dépénalisation, d’encadrement, ou de légalisation de l’usage des drogues doivent elles aussi être pensées d’un point de vue plutôt chinois, à savoir raisonnant en termes de productivité et d’improductivité. Quelques brèves : un type perd deux heures de son très précieux temps libre à poireauter parce que son dealer a pas rechargé la batterie de son portable, et du coup à la place il est allé acheter de l’herbe aux billes de verre parce qu’en tant que gentil type il avait promis à ce bon Barnabé qu’il y aurait quelque chose de chouette qui l’attendrait à son arrivée en vue d’un weekend haut en couleurs. Pendant ce temps, un flic qui coûte cheros au contribuable passera une journée entière de service pour tamponner un autre type qui était même pas satisfait de la gueule du 40 balles de shit frelaté qu’il venait de chopper, et qui risque aussi de se faire coffrer et nourrir aux frais de l’imposable du fait de ses choix de courses réputés amoraux. Quelques heures plus tard à cause du décalage horaire vers l’Est, encore un autre type -un russe cette fois- sera ravi de réussir à se procurer de la désomorphine, parce Maksimque c’est la crise et que la route de l’opium est en panne, mais il ne sait pas que dans quelques mois il va commencer à littéralement pourrir de l’intérieur des cuisses et que ce sera déjà moins sujet à réjouissance. La chimie moderne permet de contourner une à une les nouvelles interdictions de molécules, systématiquement votées en retard, et ainsi se succèdent les substituts de moins en moins goûtus. A cause de cette règle, les sex shops proposent des poppers avec des molécules de plus en plus cheloues (bon ça vous me direz c’est pas trop grave encore), et les lettons, croyant avoir trouvé du cannabinoïde agréablement légal bien que douloureusement onéreux, se sont achevés à coup de spice tout moisi le temps qu’il se fasse retirer des catalogues. Non seulement c’est financièrement et socialement coûteux de réprimander les quelques drogués étourdis au point d’en oublier d’être discret, mais c’est superflu en plus, parce que le marché noir et le marché de l’emploi les sanctionnent déjà. Moi non plus j’ai pas confiance en la bonne volonté de l’être humain, y’a vraiment aucune raison tangible d’être libéral quand on voit comment c’est le bordel place Tahrir. Par contre je peux être libéral dans le sens où j’aime beaucoup trop le joyeux fouillis consubstantiel à l’exploration de l’infinité d’activités que propose l’existence terrestre pour pouvoir envisager d’en bannir au prétexte qu’un dixième de ses utilisateurs risque d’avoir quelques soucis. Le phénomène de propagation de la polytoxicomanie dans tous les recoins de nos plutôt grises sociétés désillusionnées est réel et comporte de profondes implications qu’il serait peu judicieux d’ignorer, au moins par souci de bonne santé publique. Oui je pense qu’on doit payer des salles de shoot complètement glauques qui montrent aux néophytes que l’héro ça rend un peu pâlichon quand bien même on se cache pas au fond d’une cavetoad humide pour baiser avec son corps pendant les chaudes journées du beau mois de juin.

Le premier constat objectif à faire, c’est que la prohibition du joint est une bonne grosse injustice à la con qui constitue une puissante occasion d’apprendre à durablement déconsidérer les lois de son pays tant qu’il y a personne dans le coin pour surveiller. Enfin honnêtement, ça vous ferait plaisir de vous faire arrêter parce que vous êtes allé boire une bière avec TVA genre hors de chez vous, parce que chez vous y’a pas de terrasse ? Il est avéré que la création d’une liste artificielle de substances illégales, en indépendance totale de la mesure chiffrée de l’impact toxicologique et sociétal que leur usage induit découle d’un très arbitraire accident de l’histoire. Les hollandais étaient quant à eux davantage dans le vrai quand ils ont crée le gouda ou les sabots que quand ils ont inscrit dans leurs lois le concept de « drogues douces » s’opposant théoriquement aux « drogues dures ». En parlant de drogue dure, je précise que mes quelques lignes propagandistes visant ici et là à rappeler les méfaits de l’alcool sur la densité de votre matière grise s’inscrivent dans un contexte où l’on ne sait encore toujours pas assez à quel point la plupart des autres drogues sont moins vénères que l’éthanol. Les drogues douces n’existent pas, alors pourquoi essayer de légiférer lotussur ce type de pilier ? A la rigueur, la seule catégorie envisageable, mais c’est à prendre avec des bonnes grosses moufles quand même, c’est la catégorie des assez ingérables opiacés, encore plus plaisants que les endorphines post-boxe. Ingérables oui, du fait de la redoutable dépendance physique qu'ils entraînent, cette particularité qui fait que quand on est en manque, on a pas mal qu'aux cheveux. C’est pas la drogue qui doit être légalisée, c’est l’alcool qui doit être remis à sa place légitime, à savoir parmi le club des molécules psychoactives. Il s’agit de comprendre en priorité les arguments les plus objectifs qui rendent, sur le papier, la cohabitation du pinard légal et de l’herbe criminalisée juste pas compréhensible, même abstraction faite des simples conséquences indirectes de merde de la prohibition, et qui au final font miroiter la perspective de légalisation du cannabis plutôt comme une évidence à partir du moment où on observe la chose dans un certain souci d’honnêteté intellectuelle. Doit-on légaliser au moins la plupart des drogues ? Question comme pas mal d’autres ultra ardue et organiquement complexe, dans laquelle il faut s’immerger un moment la nuque pour pouvoir croire commencer à percevoir des éléments de réponse, et c’est sans compter d’irréconciliables divergences de conceptions ou l’infinité de paramétrages à débattre sur la forme d’encadrement à mettre en place. Mais si cette question se pose strictement dans le contexte actuel d’une ubiquité de l’alcool quasiment encensée, alors la réponse hurle clairement oui, il faut légaliser, ou alors au minimum en ce qui regarde le cannabis. L’unique barrage à l’expression juridique du bon sens est uniquement maintenu en place par l’arbitrage inertiel du conformisme moral. La clandestinité qui fait de l’usage de drogue une pratique obscure et mal connue de beaucoup comporte son lot d’effets pervers, principalement la survalorisation de la pratique. J’avais parlé d’un effet temple, mais il s’agit parallèlementhoffmann d’un strict regard matériel conditionné par le mécanisme économique qui détermine la valeur d’un objet : la rareté. Elles ont beau être bien fraîches, les cannettes que tu ramènes ce soir, je peux très bien aller en rechercher d’autres au paki d’en face, et en plus on a le temps parce qu’il ferme tard. Dans notre ère de belle abondance, quand on vit dans une ville de plus de deux mille habitants, on peut trouver approximativement tout ce qu’on veut quasi immédiatement. Dans ce contexte, la rareté matérielle rajoute de la magie, d’où l’engouement des porte-monnaie pour les éditions collector de trilogies, les tableaux d’art contemporain et autres encombrantes sculptures en mousse, les fragments de météorites et artefacts aliens, les plans beuh bio ou les barquettes de truffes. Ca fait que pas mal de drogués passent des heures à choper leur précieux matos, attendent leurs potes une heure parce que c’est des drogués désocialisés, et tout ça juste pour pouvoir discuter pendant deux heures avec eux de comment il s’est fait chier à trouver le produit et d’à quel point il est bon et que c’est cool d’en avoir trouvé. Il paraît pour les prohibitionnistes que c’est censé être un des freins à la consommation de drogue, mais bien souvent, la perception quasi magique de la rareté l’emporte sur la crainte de perdre du temps à effectuer un long aller retour pour faire du troc avec l’autre qu’habite à perpette. La trop importante place que peut prendre la drogue au sein des discussions et de l’agenda est classique de la phase de l’enthousiaste franchissement de la barrière de l’interdit, on apprend à ses dépens à devenir autodidacte d’une discipline rendue pertinente uniquement par l’aspect sous-terrain de l’affaire (puisque tout et n’importe quoi se dit dans les caves), mais il est crucial de se presser d’avancer et de ne pas se contenter du trop chronovore constat oral. C’est clair que cette survalorisation par la rareté pousse à la consommation sans réserve et immédiate tellement on est content d’avoir la substance entre les mains, véritable objet de fête en soi. Les non consommateurs désertent le salon parce qu’ils aimeraient bien causer d’autre chose, et les drogués s’isolent dans leur côté obscur, à perdre un temps et une énergie qui pourrait servir dans bien d’autres orientations, par exemple jouer au needhelptrivial poursuit en se droguant. Le jour où y’aura légalisation et banalisation d’une matière, nombre de consommateurs se rendront compte qu’ils auront passé bien trop de temps à ressasser leur science du sujet. Parce que ces connaissances, dans le cadre actuel, ne sont utiles que dans le cadre illégal préservé à ce jour ; en dehors de l’expertise en matière de contrôle qualité préachat, s’y connaître en drogue, ça veut principalement dire s’y connaître dans le monde de l’illégalité, ça signifie donc surtout s’associer avec la caste des bandits quoi ! On l’a presque oublié avec toutes ces conneries, mais la drogue demeure au centre de vastes flux d’argent orchestrés par de puissants mafieux qui corrompent des jeunes poussés par la zermi histoire qu’ils fassent du trafic de tulipes en échange de quelques tiges en guise de récompense. A l’ère du commerce équitable et de l’achat intelligent, ben moi j’ai pas envie de filer de la tune à putain de wech de merde qui se fait un devoir de t’enculer parce qu’il dédaigne tout ce qui est pas comme lui. J’y ai fait allusion plus tôt, mais la criminalisation de l’usager, même lorsque juste potentielle, tend à le faire s’identifier à l’image du tox dans le regard des autres, voie royale pour assumer une dépendance outrancière et un comportement perpétuellement larvaire. C’est déjà assez chaud de gérer des marginaux, n’en rajoutons pas de trop abstraites catégories supplémentaires, ne les enfermons pas chez eux.

65997418Je crois que j’en ai parlé, on vit aujourd’hui un véritable tournant dans la manière d’appréhender la question de la drogue par les décideurs politiques du monde. Cette année, ça s’est étendu à l’Amérique latine qui dépénalise en masse, pendant que la Hollande va restreindre l’accès aux coffee aux étrangers à cause du maintien abusif de la prohibition chez certains de ses voisins les plus maladroits. Politiquement, il s’avère extrêmement courageux pour un élu de se faire une voix en faveur d’un relâchement de l’effort de guerre mobilisé contre le fléau de la drogue, y’a que des coups à prendre, parce qu’on ne lui laissera pas le temps d’expliquer en quoi il faut sortir du sens commun et du conservatisme des croyances. Avant qu’on libère des flics pour des investigations plus importantes et qu’on rajoute des taxes pour l’Etat, il y a du militantisme à faire (même passif !), des mentalités à faire évoluer. Le pire, c’est qu’une politique de légalisation pourrait, à court ou moyen terme, amplifier l’explosion actuelle de la consommation, le temps que les nouveaux utilisateurs (et même les vétérans remarque) s’éduquent et fixent leur seuil. C’est un peu ce qui se passe en Californie, l’augmentation brutale due à la normalisation de la consommation sert d’argument pour vanter les bienfaits supposés d’un retour en arrière ; rappelons que pendant ce temps là, au Portugal, contre toute attente, la dépénalisation et l’encadrement a résulté d’une baisse conjuguée de la consommation et des dépenses publiques.

woaaMa principale intuition de proposition niveau encadrement de l’usage, c’est le permis (plutôt que l’ordonnance à la californienne, par exemple). Chacun le sait, conduire une voiture comporte des risques à prendre très au sérieux. Même si une fois le permis passé on se permet d’adopter une conduite plutôt souple, on aura entendu le discours scientifique de prévention et assimilé les réflexes qui évitent de traverser un platane. Idéalement, personne ne devrait pouvoir aller acheter une bouteille de rhum en libre accès comme personne ne devrait pouvoir conduire une voiture sans véritablement savoir comment c’est censé se gérer en société. Au niveau international existent des normes de compétence en ce qui concerne l’habilité à pratiquer la plongée sous-marine. La plupart des gens qui pensent que Cousteau est un personnage issu d’un roman de Jules Vernes vous diront que ça doit probablement être très dangereux, la plongée sous-marine. Sauf que non, faire l’amphibien c’est complètement safe dès lors qu’on suit les consignes de sécurité. C’est pour cette raison qu’on a établi un système de niveaux communs qu’on gravit par l’application pratique des règles les plus justifiées dans l’optique de laisser aux gens l’occasion de devenir guide indépendant et de pouvoir sans aucun risque promener leurs potes entre les algues. Moi j’aime bien l’idée du permis de psychonautique, genre la puce qui permet de débloquer des skills de coustoshopping, filtre imparfait mais filtre quand même. Les seuils mensuels de consommation autorisée des différentes substances seraient progressivement relevés par une conjugaison de l’âge (critères sanitaires pour prendre soin d’un cerveau qui grandit jusqu’à 27 ans), de passages d’examens médicaux et de connaissance théorique du sujet, voire d’expérience aussi. On pourrait même envisager de conditionner l’usage encadré d’opiacés (et même des autres drogues) à plein d’autres critères aussi rigolos que stricts, comme la situation professionnelle stable, le revenu (on va pas laisser quelqu'un se shooter H24 alors qu'il arrive déjà pas à payer le loyer) le diagnostic psychologique, le suivi médical, voire la déjà plus stigmatisante séropositivité. Evidemment c'est pas parfait, on pourra toujours revendre la petite dose qu'on choppe, et le marché noir hors charmante petite production de jardinet aura toujours une quantité quasi illimitée de plus sales marchandises à déverser dans nos placards. Mais les grandes chaînes homologuées bénéficiant des économies d'échelle typiques de la production de masse produiront toujours des produits moins chers et moins coupés, comme on préfère acheter son alcool fort au supermarché plutôt qu'au bouilleur de cru du coin qui propose de la mirabelle au méthanol. Ce type de système aurait l’avantage de former sur le temps les usagers à la gestion d’une ration raisonnablement limitée de produits récréatifs, et surtout serait adaptable à la réalité puisque permettant à François-Joseph de fêter ses 16 ans avec quelques bières et deux-trois pétards, mais pas parce qu’il en aurait moralement le droit pour l’occasion ce brave, mais bien parce que concrètement et sous tous les points de vue, ça ne déteindra en rien sur sa vie, ou du moins en rien de néfaste. Dans un autre registre d’action publique recommandable, il demeure toujours la minorité d’usagers dits « à problèmes » qui doivent de préférence être pris en charge histoire d’éviter qu’ils finissent dans un quelconque égout après avoir refilé dix hépatites à leurs derniers collègues d’un soir, là où ils auraient pu devenir de grands chirurgiens parce que quelqu’un qui y comprend quelque chose aurait été au courant que leur méchante déprime passait vraiment pas, et surtout pas à coups de palliatifs pharmaceutiques. L’encadrement permettrait des programmes souples dolphinsd’accompagnement de sortie de l’abus chez les personnes peu résistantes à la dépendance ou plus simplement fragiles. Là où elles ont été expérimentées, les « salles de shoot » ont prouvé leur efficacité ; plus besoin d’abandonner dans la forêt la dépouille humide du pote qui a fait une surdose dans un coin du squat, il devient caduque d’associer la drogue injectée au vih, et au final, y’a moins de loques déshumanisées dans les rues qui vivent de rapines et d’excavations d’aliments partiellement mâchés. Les idéologues qui s’opposent à ce type de mesure disent que ça légitime les utilisateurs et encourage à la consommation. Je ne pense pas que croiser des paumés tout maigres tremblant de manque dans des couloirs desquels émane une sale saveur d’hôpital et où il y a du lino blanc très moche par terre donne envie à Antony d’aller essayer de se piquer dans le bras gauche. Que ce soit à comparer avec le saut à l’élastique ou la plongée sous marine, je pense que l’encadrement public est nécessaire en matière de drogue, là où les avantages qu'elles représentent peuvent s’avérer moins coûteux que le déploiement d'inefficaces moyens répressifs, et qu'à ce niveau là, je déduis de mon travail académique sur le sujet qu’on doit appliquer les mécanismes qui marchent seulement en fonction des cas et résultats d’expériences, pas en fonction des goûts et des couleurs. salle de shootLa prohibition et le libre accès sont tous les deux des constructions mentales conçues par les mots et non par l’expérience ; au milieu se trouve l’encadrement empirique, le truc tout nouveau qu’on cherche encore et qu’on fait évoluer du mieux qu’on peut  pour que tout le monde soit le plus content possible, ou du moins que le bilan général de long terme soit le moins pire possible. Comme pour toute politique, on change progressivement, on fait pas tout en même temps, on laisse à l’économie de la drogue le temps de se reconvertir, et on voit seulement après ce que ça donne pour envisager la suite. Je suis le premier apprenti expert du sujet susceptible de se planter totalement sur ses intuitions en la matière, si ça se trouve la lutte maladive menée contre les stupéfiants relève peut-être des derniers efforts précédant la chute de la civilisation dans le foutre et le sang que la généralisation de la défonce provoquera inéluctablement, voire l’inverse, au fond j’en sais rien. A une époque, je voyais les drogués comme des genres d’appendices de sofa, du branlomane végétatif étalé devant M6 en attente précoce de la fin, et je dois dire que l’impression demeure derrière mes yeux au cours de trop improductifs dimanches de gueule de bois myopathique qu’il m’arrive encore malgré tout de m’accorder. La vie est courte et faut en profiter par la bonne humeur et les sens, mais surtout il faut en profiter pour réaliser des projets et œuvres qui ne sont et deviendront que cendres certes, mais dont la contemplation permet de se dire sur le lit de mort qu’on aura quand même eu une vie bien remplie, pas qu’elle s’est passée au comptoir du même bar avec les m70583972êmes tronches. Le thc et le téléchargement illégal rendent oisif, mais faute de Ministère de la Vérité rien ne peut empêcher leur usage jusque dans les foyers ; l’alcool n’est plus bannissable pour la démocratie, alors tant pis, consommons aussi le reste qu’est moins pire tant qu’on y est. Encourageons l’expérience occasionnelle et diffusons des fichettes éducatives pour accélérer la chute des aprioris puants, sans pour autant pousser à la consommation tendant vers le pesant. Après tout, y’a pas la masse d’arguments à la fois simples et mathématiques pour assurer que la conjugaison de l’information et de l’encadrement seront susceptibles de répandre les drogues dans les frigos tout en diminuant bel et bien la proportion d’ « usagers à problèmes » au sein des consommateurs. Y’a des zombies irrécupérables qui vivent d’avachissement et de mauvaise volonté, et ceux la on sait encore moins quoi en faire que les tétraplégiques peu littéraires. Certains diront que la fuite dans la drogue constitue le produit de la société dystopique et irradiée qu’on est en train d’ériger de plus en plus rapidement ; je préfère envisager l’usage de drogue procédé dans l’optique de fuir le réel comme une pratique dont principalement les usagers à problèmes peuvent en arriver à en ressentir de réelles conséquences importunes. Préférons accepter plus sobrement le fait que les humains ont une tendance persistante à aimer faire de la merde parce que c’est plus marrant qu’une étude du marché des chaussettes en laine au Vietnam.

33031_largeLes lois peuvent s’avérer être un puissant instrument pour orienter d’un poil le gouvernail de sept milliards de néanderthaliens, mais, en démocratie surtout, elles ne sont souvent en réalité capables  que de suivre la rumeur de la rue et les chuchotements des conseils d’administration. Face à l’impossible tolérance zéro, la défonce pseudo rationnalisée et la consommation individualisée car basée sur la répréhension concrète du monde extérieur, sont les dernières pistes susceptibles de civiliser l’usage des drogues et de les faire cohabiter avec la glorieuse civilisation terrestre. Au-delà de ces deux axes faisant office de base pour remplacer durablement le traditionnel cadre moral, duquel l’unique bienfait était à l’origine de limiter passivement l’usage de drogues à des occasions très codifiées et limitées dans le temps (comme la chouille du samedi soir ou le rite religieux oriental). Il n’existe aucun moyen non-totalitaire d’empêcher les gens aliénés de se droguer jusqu’à glisser dans le statut de sauvage créature marginale assoiffée de sang de contribuable. Eduquer les gens, ou plutôt banaliser les vues les plus lucides sur le sujet, est-ce que ça suffira pour les faire épouser un encadrement étatique qui, pour pouvoir fonctionner, devra être suffisamment light et sympa et donc attrayant pour le drogué habitué à choper via son pote Yves ? Pas sûr, mais y’a pas trop le choix, parce que tant qu’il y aura du pétrole, de l’électricité, et de la vie privée, les flux croissants apparaitront comme de plus en plus difficilement maîtrisables. La drogue bistrotpourrait faire partie de notre environnement culturel comme elle en a toujours fait partie en dépit de son relatif mutisme, la consommation d’augmenteurs à sensibilité remplacerait au moins partiellement la pub dans le rôle de sublimant du quotidien, les gens carbureraient toujours autant à l’antidépresseur pour accepter leur part de monde de merde, et Alphonse sera toujours derrière son comptoir, à demander un autre coup de rouge ou un gin au clou de girofle. Certains se réjouiront de pouvoir profiter des explorations infinies dans le développement de nouvelles molécules de plus en plus « propres » et en harmonie avec notre système nerveux, molécules qui remplaceront de loin celles récupérées par hasard et indépendamment de la constitution de notre cerveau dans le sein de la déjà bien généreuse Maman Gaïa. Le nombre de produits conçus pour stimuler son imaginaire, amplifier ses capacités physiques ou intellectuelles, accroître subtilement la perception de certains plaisirs, trouver Dieu ou permettre de discuter avec des entités extra terrestres s’accroît chaque jour, souvent dans l’illégalité d’ailleurs, alors imaginez ce que ça pourrait donner dans l’avenir dans un contexte de recherche ouverte. D’autres, presqu’évidemment prêts à cocainerenoncer à vivoter un siècle, verront dans la cocaïne un moyen d’approfondir jusqu’à plus soif le modèle de civilisation de combustion, en décrochant les jobs les plus juteux, et ça tombe bien, parce que ces taffs exigent souvent de pouvoir bucher quelques nuits d’affilée. La drogue de surchauffe sera alors le dernier stratagème déniché par l’immense machinerie de la très vivace économie productiviste, moyen d'aspirer les derniers pans d’efficacité vitale que l’employé pourra encore prodiguer avant de définitivement sombrer dans l’obsolescence. Après tout, le travail jusqu’à épuisement et décès, c’est monnaie courante, alors je ne vois pas pourquoi la logique ne se permettrait pas de franchir ce pas supplémentaire. Les drogues institutionnalisées combleraient les lacunes du gigantesque gavage d’une humanité encore plus embrumée qu’avant, exponentiellement désespérée de ne décidemment pas pouvoir échapper à sa bien insatisfaisante condition, même lorsque muré dans sa tête dans l’espoir d’échapper chimiquement à l’aliénation le temps de quelques maigres heures. Après tout, notre cerveau est avant tout conçu comme un système de survie qui nous ferait chercher tout et n’importe quoi pour essayer de pallier à l’éternel regret de ne pas être né dauphin plutôt qu’homme dans ce vaste bac à pus. Autant inclure les drogues dans cette très vaste perspective, et la boucle est bouclée : libre à l'humain de trouver ses propres moyens de conserver son envie de vivre plutôt que de plus simplement tout laisser tomber.

CrackBabiesJe ne sais pas si j’ai suffisamment fait le tour du sujet, puisque pour être honnête j’ai même l’impression d'avoir rien dit, mais on considèrera que le point a été fait et que ça suffit pour le moment, voilà, je sais ce que je pense sur la drogue. Il faudra attendre que le débat émerge vraiment pour s’interroger sur les modalités les plus pratiques d’une politique d’encadrement. En attendant, libre à chacun de perdre son temps à se fabriquer une opinion sur une question aussi peu tolérée, de s’interroger sur la viabilité et l’intérêt de sa consommation, ou de me laisser un commentaire pour qu’on se fasse une raclette bien death metal à l'occasion. Félicitations pour avoir tout lu et merci d’avoir à peu près compris la démarche qui animait cette petite rédaction moisie.

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