Les gens que je n'aime pas (car c'est réciproque).
Mon ancienne habitude à me sous-estimer face à des gens absolument inutiles ou même négatifs s'est peu à peu effacée ces dernières années. De plus en plus souvent, jme suis dit qu'il fallait absolument qu'un jour je pousse un coup de gueule (et même bien plus) à propos de ces gens qui m'ont fait souffrir sans avoir le moindre remord. Je ne veux pas parler ici des vilains jeunes de banlieue, qui eux sont simplement stupides et mal éduqués, mais de jeunes bien plus responsables qui sont, la plupart du temps, issus de familles favorisées. Ces gens sont des true rebels, des communistes hargneux, des "poètes" épris de philosophie : je ne les hais pas, parce que seulement deux personnes méritent ma haine ; je les méprise violemment, c'est tout, na.
Ces gens sont souvent les premiers à dire "le racisme caymal" sans savoir exactement pourquoi. Ils prônent la "tolérance" sans savoir non plus le sens de ce mot (pour info tolérer, ça veut dire supporter provisoirement). Pourtant, ils pratiquent eux-même un autre "racisme", bien plus vicieux, à savoir la haine sociale. Parce qu'ils sont des rebels, parce qu'ils ferment les yeux sur le prix de leur dernière gratte ou de leur dernier portable avec plein de couleurs que papa maman leur ont offert, ils se donnent le droit de cracher publiquement sur les gens plus riches qu'eux. L'idéologie rebelle s'y mêle souvent en fait, avec des semblants de raisonnements gauchistes pro-écologistes (mais on jette ses mégots par terre quand même hein).
Mais pourquoi font-ils cela ? Pourquoi cette haine ostentatoire ? Pourquoi adopter la panoplie du djeunz ? Il n'y a pas de secret, ça va de soi, les jeunes sont stupides : parce que ça fait bien. Quelle lycéenne ne succombe pas au djeunz grungeux qui parle de rêves d'égalité, la clope au bec et la guitare entre les doigts ? C'est plutôt magique faut dire. Sauf que dans leur hypocrisie et leurs contradictions puantes, ils ne se soucient guère d'être crédible au delà de l'apparence. Et surtout, dans mon cas, ni des blessures qu'ils peuvent occasionner en préchant la parole marxiste. Parce qu'elle se répand, cette parole, et très vite l'entourage du gens que j'aime pas se rebellifie et adopte le mépris du bourgeois. De plus, ce n'est pas qu'aujourd'hui, cette jeunesse aveugle qui gueule n'importe quoi dans un mégaphone, elle est pas apparue avec ma naissance hein ; bien des parents aujourd'hui conditionnent leurs enfants ou cautionnent leurs dires. Les enculés.
Le fait est que jmen suis toujours pris plein la gueule. Les préjugés hein y'en a beaucoup dans tous les domaines, mais ceux autour du "monde bourgeois" ils ont la peau dure, à l'inverse des insultes racistes par exemple, alors que ça se vaut : un black ne choisit pas d'être black, comme j'ai pas choisi ma famille. Quand on ramasse un tract du PCF qui parle des -je n'invente rien- "patrons, rapaces et sans coeur", pas grand monde est choqué.
Je me souviens parfaitement d'un jour alors que je discutais sur un trampoline avec un gentil garçon que je fréquente toujours aujourd'hui, jdevais être en CM1... "C'est vrai quta mère s'est mariée avec ton père pour son argent ?". Dur de voir que ça sort de la bouche d'un gamin de 7 ans, vraiment. Les années passent, les insultes aussi, avant même d'avoir dit lmoindre mot, je suis fiché, jugé. On connaît ton nom, on a vu ta baraque, ça suffit : t'es un sale bourge, va-t-en, tu peux pas venir boire du panaché avec nous. Ouais, dur.
Revenons aux jeunes rebels que tout le monde aime. Passons sur leurs contradictions évidentes évoquées plus haut. Il faut savoir que la majorité, voire la quasi totalité des gens que je fréquente aujourd'hui ont été ou sont des rebels dans l'âme. Ils ont des vêtements troués (!) des cheveux longs et sales (!) des pentalons et chaussures larges (!) écoutent de la musique de jeune rebel (métal & co, reggae...), méprisent le conformisme.. Moi-même je corresponds à cette description, en témoigne la bourgeoise recouverte de maquillage, abritée dans son manteau de fourrure dans le métro qui m'a dit que j'étais "un de ces nombreux jeunes sans avenir". Là est le but de l'article : dénoncer une forme d'étroitesse d'esprit très rarement mise en avant, le "racisme social", tout en faisant à l'inverse l'éloge de l'ouverte d'esprit : parce que les rebels que je fréquente respectent les idées du rebel que je suis tout comme je respecte les leur.
Et tant que j'y pense, jrepense à un barbu à berêt qui arborait le che guevara sur ses affaires avec des "peace" un peu partout... En réaction à un "article" que j'avais tapé maladroitement il y a un bon bout de temps sur un vieux blog à propos du "non" à la constitution européenne, il m'avait insulté comme je suis habitué à l'être, mais en rajoutant un truc bizarre : "va faire de la philosophie et reparle après". J'en fais de la philosophie maintenant. Et à part déconnecter encore plus de la réalité, jvois vraiment pas en quoi elle est censée me faire devenir marxiste. Fin bref, désolé hein, j'ai dit que cet article était un coup de gueule.
On va pas s'arrêter en si bon chemin. Après avoir longtemps culpabilisé sur ma condition, j'ai fini par comprendre que tout ceci n'était qu'un tissu de préjugés moisis venant de gens négatifs. Des gens à brûler quoi. Ou à tabasser correctement. Je n'ai strictement rien à me reprocher, au contraire : ils m'ont détruit (et même détruit quelque chose qui m'était très cher) pour pouvoir se taper des jeunettes en quête de romance et paraître comme des vrais rebels anarchistes aux yeux de leurs âinés.
A mon tour de les détruire ? Non, cette solution est tout aussi moche. Ce qui marche dans un sens marche dans l'autre. J'ai quitté le lycée public pour la prépa privée. J'y ai retrouvé cette "haine sociale" : il y a dans ce nouvel univers tout un ramassis de bourgeois élitistes qui ont décidé d'être intolérants envers ces rebels eux-même fermés d'esprit. Et même envers d'autres encore. J'ai observé un des leurs il y a déjà plus de deux ans : ces gens ne s'interessent plus qu'aux enfants de riches qui ont eu le droit à une "grande éducation". Le reste, ceux qui ne se détachent pas de la réalité comme eux et vivent au quotidien sont systématiquement méprisés, tout comme les rebels marxisant.
Pas la peine d'en écrire plus, j'espère avoir bien fait passer le message. La haine sociale, caymal, et on l'entend pas assez souvent à mon goût.
