J'avertis mes lecteurs : cet article est écrit sur un coup de tête et sera certainement édité, vu ma lamentable capacité à mettre des mots sur mes pensées (car tendant même vers l'élaboration d'un unique vocabulaire rebutien). 
Comme beaucoup de mes articles moisis de true rebel, j'écris sur un coup de gueule, une sentiment fortement négatif. Ca fait depuis pas mal de temps que jressens ce malaise, mais ce soir particulièrement vachement très. Et comme en plus là jsuis pas content, que jpourrai taper des gens au concert de Converge qu'en juin, et que j'ai même pas de petite fiole à disposition, ben faut que jme défoule sur autre chose : ce sera mon clavier.
Bref, la minute EMO passée, j'en viens aux faits : ce fameux sentiment, c'est une lassitude dans mes découvertes musicales. Lassitude telle qu'elle me rend nerveux : plus ma modeste culture musicale s'aggrandit, plus les nouveautés se font banales, et moins les groupes dans lesquels je me réfugie habituellement quand tous les autres m'énervent, me satisfont.
Du coup, je cherche désespéremment des nouvelles perles -perles noires en loccurence- pour assouvrir ma faim de bon son. Phénomène de fuite en avant, plus je cherche et plus je tourne en rond, en témoigne mon sensible manque d'enthousiasme dans la publication de ma compile de janvier : ok, jtrouve quelques bons artistes, c'est sûr. Mais la perle noire est vraiment très loin. Et le plus horripilant, c'est que cet objet tant convoité, je le connais bien, je l'ai médité autant qu'idéalisé tant de fois dans ma caboche velue. Malheureusement pour moi et heureusement pour le monde, je n'ai que très peu d'aptitudes à faire de la musique. Et vu la gueule de mes études, j'ai encore moins le temps pour remédier à cette faille.

Ouais donc, je disais que je savais cque je cherchais. C'est même ça que jvoulais mettre dans cet article en fait, sous la forme d'une description ordonnée par aspects de, n'ayons pas peur de mon vocabulaire mal-aimé, ce que j'appellerai mon groupe parfait. Mais mon côté djeunz l'a emporté alors la description sera bordellique.
Commencons par le commencement -j'écarte evidemment les quelques millions de gens qui croient écouter de la "musique" sur leur radio très fun- : il y a énormément de vrais mélomanes qui ont une culture gigantesque et un talent indéniable et qui écoutent du son sans se demander "mais pourquoi j'aime ça ?". Ben oui, c'est vrai quoi, j'ai vu en cours de culture gé que certains grands penseurs ont écrit des bouquins entiers pour essayer d'expliquer pourquoi ils aimaient la musique. Mais mes lecteurs réguliers savent, eux, ce que je pense à ce sujet ; j'encule ces messieurs dames, je ne les lirai pas, pour la bonne raison que mon nombril me crie qu'il faut que j'étale mon point de vue. Oui je détiens ma vérité, je sais pourquoi moi je aime la musique. En fait, si j'aime/aime pas la musique, c'est parce que j'aime/aime pas ce qu'elle représente.
Exemple rapide : j'aime pas la musique punk. Pourquoi ? Parce que j'aime pas la rebellitude autodestructrice, irrationnelle et contradictoire (ce qui ne m'empêche pas d'apprécier le message "tout le monde peut faire de la musique" de l'idéologie punk entre autres, m'enfin passons). A l'inverse : j'aime le grindcore. Pourquoi ? Ah, ça mérite un article et je le ferai sans doute un jour... Mais pour résumer, parce que je kiffe les gros porcs en marcel tout transpirants, se frappant sans se prendre la tête sur de la musique sauvage et défoulatoire. Tout est une question d'idéologie, de message qui passe, bien au delà des textes, mais dans la musique elle-même. On peut appliquer ce raisonnement de cette manière à pas mal de genres : facile de comprendre pourquoi j'aime pas le reggae et le rnb, mais plutôt le post rock constellation ou le hardcore moderne : faut savoir apprécier un message sans forcément y adhérer. J'adore gy!be. Je ne suis pas anarchiste.
Comment jme suis rendu compte de ça ? Parce que quand j'écoute de la musique, j'observe deux phénomènes. Le premier, c'est que j'imagine le groupe, l'artiste sur scène. Le deuxième, -et celui là il est me semble t-il très partagé des mélomanes- je me laisse aller à une rêverie. Rêverie ok, mais controllée : si j'écoute storm de gy!be, j'imagine un lever de soleil plein d'espoir (oh merde, leur mot fétiche c'était HOPE). Et c'est là que je touche le fait que j'écoute de la musique pour le message qui passe à travers les instruments. Bref voilà, comme souvent cpas très fun cque jdis, et là jgache le peu d'image "artiste" (berk) qu'on pouvait, en cherchant, peut-être deviner en moi. Pas fun du tout.
Mais c'est cool, parce que maintenant que vous m'avez un peu compris vous pourrez peut-être saisir ce que je vais enfin tenter de décrire, à savoir mon "groupe parfait".
J'ai maladroitement décrit l'évolution de mes goûts musicaux plus loin. Ma prise de conscience de "pourquoi j'aime/j'aime pas la musique" étant plus récente que l'article, je me permets d'analyser mes goûts actuels. Aujourd'hui, ce que j'aime le plus, c'est la musique noire (comme mes t-shirts !) et, si possible dans le même temps, pleine de nostalgie. Pourquoi ? Bé, parce que depuis ma crise de l'été 2005, je suis resté quelqu'un de profondément nostalgique, et puis, ben à l'âme noire (brrr j'en ai des frissons), parce que je suis gothique, evidemment. Attention, j'ai précisé "ce que j'aime le plus", et non "ce que j'aime". Parce que jsuis quelqu'un d'à peu près équilibré et que du coup, j'aime d'autres messages, comme celui, pas vraiment trop compatible je crois avec ceux énoncés précédemment, de Mindless Self Indulgence.
Mais ici il n'est pas question d'imaginer un groupe super chouette. Il s'agit d'imaginer mon groupe parfait. Et faut dire que c'est un beau bordel, même si je suis certain que c'est réalisable. C'est vrai que pour concillier grindcore, post rock et post hardcore, musique ethnique et traditionnelle, darkwave et même hardtek, faut être un sacré rebut. Le tout bien touillé, ça pourrait donner, avec des ingrédients noirs/nostalgiques, du "silver mount zion en post hardcore screamo avec des mosh parts et de l'accordéon".
Putain, jme surprends moi-même, surtout pour les mosh parts avec accordéon. Meuh jsuis sûr que jpeux faire encore mieux, par exemple en balançant quelques idées en vrac. Ouais là je le sens bien.
Le groupe compterait une bonne dizaine de musiciens (faut dire qu'il faudrait caser accordéon, cordes, cornemuse, percussions, boucles noise et ambiant, beats, piano, choeurs, grattes et basses et parfois même de la trompette -à l'Altra, surtout pas dynamique). Il s'exprimerait tantôt instrumentalement, tantôt avec des textes (evidemment pas en anglais, plusieurs langues si possible) légers, simples et atypiques, surtout pas lyriques. Le message, apolitique, plongerait violemment dans la noirceur et le désarroi de notre époque (mais aussi des époques passées, jvois bien par exemple des grands discours historiques en arrière plan). La nostalgie, maladie du regret d'un passé meilleur resterait pour autant au premier plan : la légèreté de compos plus légères comme, chais pas moi, celles de Microfilm ou Explosions in the Sky permetteraient de sentir des larmes monter tout en ayant le sourire aux lèvres, histoire d'éviter de sombrer dans les méandres du gothisme exagéré, et de souffler entre deux concassages d'humanité. Concassages musicaux oui, parce que c'est ce qui fait que j'écoute peu d'artistes antérieurs à 1990 : la violence noire issues de groupes de hardcore moderne comme Converge, on la trouve qu'à notre époque, sauf erreur de ma part.
Que dire d'autre ? Ce serait rentrer dans des détails peu interessants. Je n'ai plus qu'à me dire que j'ai fini de me faire saliver avec ce groupe que je cherche sans trouver et que je ne pourrai jamais faire par moi-même. Tout ça pour ça, pour ce ridicule paragraphe censé décrire un projet qui aurait le pouvoir de bannir de mon phallus tout phénomène d'impuissance. Et ce, pour l'éternité. HA ! HA !.
Bon, ok, jretourne me coucher et faire mon gothique.