Kijk omhoog naar de zon Hij zal je verwarmen De liefde zal jou toch weer omarmen Kijk omhoog naar de zon Hij zal voor je schijnen En al je zorgen gaan verdwijnen dag en nacht
Het leven is soms net als het weer Nooit voorspelbaar en soms gaat het tekeer Het leven is een lach en een traan En alle stormen zal je moeten doorstaan De liefde is mooi, het is zo bijzonder De liefde is fijn, het is toch een wereldwonder De liefde geeft kleur aan alle mensen Ben je arm of rijk wat valt er nu nog meer te wensen
Kijk omhoog naar de zon Hij zal je verwarmen De liefde zal jou toch weer omarmen Kijk omhoog naar de zon Hij zal voor je schijnen En al je zorgen gaan verdwijnen dag en nacht
Het leven gaat toch heel snel voorbij Dus geniet ervan en voel je vrij Het leven is een hemel op aarde Maar laat iedereen in zijn waarde De liefde is mooi, het is zo bijzonder De liefde is fijn, het is toch een wereldwonder De liefde geeft kleur aan alle mensen Ben je arm of rijk wat valt er nu nog meer te wensen
Kijk omhoog naar de zon Hij zal je verwarmen De liefde zal jou toch weer omarmen Kijk omhoog naar de zon Hij zal voor je schijnen En al je zorgen gaan verdwijnen dag en nacht
Kijk omhoog naar de zon Hij zal je verwarmen De liefde zal jou toch weer omarmen Kijk omhoog naar de zon Hij zal voor je schijnen En al je zorgen gaan verdwijnen dag en nacht
Kijk omhoog naar de zon Hij zal je verwarmen De liefde zal jou toch weer omarmen Kijk omhoog naar de zon Hij zal voor je schijnen En al je zorgen gaan verdwijnen dag en nacht
« Bumsen, fressen, und besoffen sein ; was kann schöner sein ? »
Les 3 Besoffskis
C’est au cours d’un jour nerveux de pseudo sevrage tabagique que j’ai eu le productif hasard de me rendre une fois de plus compte que le grindcore était un mot-clé à consonance très positive dans mon imaginaire, et corollaire, suffisamment positive pour que je décide sans trop me forcer de procéder à une publicisation explicative passionnée à propos de cette très petite section du genre « rock » de l’index de la bibliothèque musicale universelle. Ca commence à faire un moment que j’aime le grind. Et en grandissant parfois avec une cravate, en évoluant et progressant, et aussi en régulant plus efficacement les sécrétions de testostérone, plus que de vieillir, j’ai souvent eu peur de délaisser ce genre.
En ce sens, la sphère professionnelle m’a rassuré ; sortir du boulot en écoutant ce genre de musique permet de lui réaccorder tout son sens, au cours de jouissantes redécouvertes, le soir vers 18h. Oui, j’éprouve une affection particulière et assez durable pour le grind, ce style de musique assurément élitiste qui, parmi les différents répertoires auditifs élitistes que j’ai su incorporer au sein de mon univers sonore, est celui qui m’inspire le plus dans une perspective de traduction par les mots. Le côté abrupt du grindcore requiert une certaine pédagogie, contrairement à d’autres enseignes plus câlines comme le post rock, où y’a pas besoin d’expliquer que c’est des jolies notes organiques, ou encore le classique orchestral, où y’a pas non plus besoin de préciser que c’est juste énorme. Alors on va essayer d’expliquer ce truc qu’est le grind, pas pour faire aimer au lecteur, mais pour qu’il sache pourquoi et comment ce vacarme est appréciable. Parce que c’est évident, il faut généralement pénétrer un minimum dans le grind pour y voir autre chose qu’une vague mode pour des cris gutturaux.
A cet égard, un petit rappel théorique de pourquoi c’est pas parce qu’on comprend pas les paroles que c’est évidemment de la risible merde. Parce que c’est bien ça que va retenir de sa première analyse le mélomane néophyte ; les hurlements qui ponctuent les couches de bruit. Or, si le grindcore, de par sa violence et sa densité, est indéniablement un genre de musique bruyant (et non bruitiste), il n’en demeure pas moins issu de compositions relativement stables et carrées.
Des éléments de compréhension sont nécessaires pour commencer le long processus d’éducation de l’oreille au tapage organisé. S’ouvrent alors toutes les perspectives d’écouter volontairement ce très hétérodoxe tintamarre ou de choper cette délicieuse sensation musculaire clairement symptomatique d’un bon copinage avec ce genre. Donc hormonalement, si on est de sexe masculin, et si on est plus sambo que samba, c’est peut-être plus facile de franchir le pas. Le grind est donc avant tout un genre élitiste, puisque pour le tolérer, il est nécessaire d’avoir au moins intégré que la musique pouvait être violente sans que cette dernière caractéristique ne la prive du droit de jouir du statut même de musique. Il faut dire que le hurlement apporte une plus-value de sincérité singulière au genre, de la même façon que la théâtralisation sur scène apporte elle aussi une plus-value à certains autres sons, comme pour les comédies musicales, pour des groupes comme Rammstein ou Mindless Self Indulgence, pour Patrick Sébastien, ou encore pour beaucoup des dernières productions de Giuseppe Verdi et de K-pop. Oui vraiment, hurler requiert un minimum de sincérité, de spontanéité amenuisant la technicité mathématicienne de la construction musicale faite de notes et de temps, et dites-vous bien que nombre de gens peuvent être sensibles à cet aspect délibérément vivant.
Alors quand on hurle, on comprend moins bien les paroles, c’est moins drôle pour chanter des chansons dans la voiture en voyage, je le concède. Et c’est vrai qu’en général, on comprend toujours moins bien quand on se gueule dessus. De même que quand on s'embillinguise, on comprend toujours trop les textes de chansons qui, de par la nature même du pathétique language humain, donne généralement de la merde. Mais par contre, quand on se gueule dessus vraiment très fort, peuvent alors poindre des viriles intonations qui permettront à l’interlocuteur de bien saisir le message sans en discerner véritablement les mots. L’aptitude à mon goût trop peu usitée de l’être humain à crier, conjuguée à la musicalité des syllabes qui composent les textes de morceaux de grind, accouche d’un instrument de musique à visage humain qui interpelle plus que la performance a capella dominicale de Tonton Disney. Et puis pour les amis chansonniers décidément inaptes à rentrer dans la grammaire du violon ou du piano, qui, vraiment, ont besoin d’un foutu texte audible ; je suis pas particulièrement fan d’opéra, mais j’émettrai des doutes quant à l’intelligibilité du verbe qu’on y glougloute. Et pourtant, il paraît que c’est assez respectable, l’opéra. Allez, par syllogisme, on dira que si l’opéra c’est de la musique véritable alors qu’on comprend rien à ce que les bonhommes ils racontent, alors le grind peut être considéré chez les esprits les plus ouverts comme une famille de sonorités singulières et parfois plaisantes.
Le grind, c’est quoi donc ? J’y connais rien, parce que j’écoute d’autres trucs aussi et que j’ai tendance à exclure les sections du genre qui font trop gruigrui type boucherie, qui ne sont pas assez telluriques, ou qui n’ont jamais été enregistrées dans des conditions décentes, par exemple. Donc j’ai des lacunes. On dira que le grindcore, étymologiquement, c’est le noyau dur qui moud (ou concasse). C’est issu du punk dans la seconde moitié des années 1980, et ça récupère au fur et à mesure de nombreux aspects du métal dans une perspective de tout broyer en alliant célérité rythmique et poutre. Ca vocifère bien évidemment des gros mots et brame du monosyllabique antisystème, mais ça gueule aussi des refrains populaires, des récits de chaos humain, de meurtres et de culs, entre bien d’autres choses. On entend beaucoup le batteur qui, en général, fait frénétiquement des ta-ta-ta-ta et des blast boum. Question luth, on met beaucoup de disto, on fait des sonorités graves et lourdes, bref, on met les couilles sur la table. Si ça joue suffisamment vite et que les morceaux sont assez courts, alors c'est peut-être du grind.
Historiquement et que j’aime bien, on trouve les précurseurs plus punk/hardcore (Extreme Noise Terror, Righteous Pigs, Disrupt, Discharge, Repulsion, Stormtroopers of Death), et puis après des gros trucs de grindcore gras plus ou moins death (Misery Index, Aborted, Dying Foetus), du grind pillier franc (Napalm Death, Nasum, Rotten Sound, Blockheads, Brutal Truth, Pig Destroyer), du grind s’inscrivant dans une perspective plus technique (Crowpath, Antigama) ou expérimentale (Naked City, Total Fucking Destruction) voire conceptuelle (Agoraphobic Nosebleed), du grind rigolo (Gronibard, Anal Cunt), ou encore, actuellement, du très abouti hardcore moderne grindisant (All pigs must die). A vous de jeter un coup d’oreille à ce qui se cache derrière ces appellations pour vous faire une idée. A noter que les précurseurs, c’est bien sympa, mais comme pour nombre de genre musicaux, le plus intéressant est dans ce qui s’est fait à partir de ce noyau fondateur, et pas forcément les vieux groupes qui ont, c’est vrai, su apporter leur contribution à la boîte à concepts. A vrai dire, le grindcore apporte une dimension nouvelle à l’expression musicale des idées noires de rage et de violence, dans le sens où toute son entreprise vise à l’exprimer le plus directement et le plus naturellement possible, façon rock. En son, il y a plusieurs types d’expression violente ; l’énergie du punk, la transe des gros kick répétitifs (gabber), la martialité et le bruitisme de l’industriel, le désespoir, la crise de nerfs et le chaos de tête du hardcore moderne au sens large… Le grindcore, lui, a pour particularité de récupérer comme terreau tout ce qui peut être utile pour ruiner la gueule du monde.
A l’origine, on prend le simplisme et la tendance nihiliste du punk, qu’on rend enfin utile en explorant son potentiel de furie avec de la bonne technologie électrique distotout. Faire cette démarche semble pourtant évidente, mais il faut apparemment du temps, la chute de l’URSS, des présidences Thatcher et Reagan, de la norme néo-totalitarisante et beaucoup trop de pubs kinders pour que les moins Karl Lagerfeld des punks se lassent enfin de la mollesse de leur genre de prédilection, genre du catalogue à musique agressive qui se révèle physiologiquement impuissant face à la nouvelle ère de prospérité mercantile qu’augurent la fin des années 80. Et là, y’a des braves gens plein de vigueur qui comprennent que le travail jusqu’ici entrepris était inabouti. Et paf, ça fait progressivement du hardcore et, en définitive ce qui nous intéresse ici, du grindcore, enfant des plus accomplis en termes de rage animale face à l’extérieur qui se fait de plus en plus oppressant. Ce qui fait qu’avec d’autres branches de musiques qui laissent souvent pas mal de gens perplexes, le grindcore fait partie des objets qui, de par leur forme, ne sont pas des produits de contre-culture finalement assimilables par la culture dominante. Ou, du moins, pas autrement que sous un jour humoristique, caricatural, ou pour faire peur via l'installation soudaine d'une ambiance étrangère.
Si le hardcore, c’est le rassemblement des opprimés à la puissance endormie pour se sentir vivre dignement face aux motherfuckin’ forces du dehors, le grindcore, en comparaison, c’est le rassemblement de rien du tout qui hurle et frappe dans le rien puisque tout n'est que domination, chaos moléculaire, et néant sémantique ; si l’écoute du hardcore rend le boxeur pugnace, le grind lui fait agripper l’autour pour lui enfoncer le plus de surface possible de visage en un minimum de temps et avec le maximum de furie frénétique, type Berseker spasmodique de type annihilatif.
Faites attention à de nombreux jeunes trop jeunes qui ne vous casseront pas la gueule, mais qui vous diront adorer le grind, mot souvent récupéré pour mettre un terme sur du métal qui fait brüüü, probablement du Deathcore genre Job for a Cowboy quoi. Ou aussi, on a tendance à restreindre l’univers du grind au modèle du goregrind qui parle de trucs pleins d’armes blanches et autres outils de tripier, de viscères et de sang, et ça ça me rend triste, parce que ce que je préfère moi, c’est le direct et sincère political grind. Comprenez-moi bien, j’adore les brübrübrü, c’est chouette, mais là où l’essence du grind se fait la plus palpable, c’est davantage dans d’accusateurs « EUHR WHO EUHR ! » que dans le chant type évier, bon gag distrayant et respectablement nihiliste car tendant vers l’humour barbe-bière-poils.
Donc soyons sérieux et parlons grind, genre de musique qui, un peu comme les Sinawis chamaniques coréens, libère temporairement l’aspect animal de notre cage sociale et nous permet de jouir peu ou prou de la puissante fierté de respirer une vie simienne. Parce que oui, il y a bel et bien quelque chose à tirer de cette colère sonore. Le grind est le hurlement de vie du bon primate qui se débat dans l’insoutenable essaim, l’intenable ruche que ses congénères singes lui ont méticuleusement concoctée, toujours plus dense, avec toujours plus de cravates. Même si on peut en tirer d’essentiels avantages, on est par nature pas adaptés à l’omnipotente voûte de magma humain que constitue l’éternel tissu de relations socioprofessionnelles.
Ce fantasme entrouvre la possibilité que soient emportées dans ce souffle vociférant tout ce qui tient apparemment debout ; fils de pute, institutions, concepts, et pourquoi pas l’homme lui-même, comme ça, VLAM ! L’agora, les livres et les diplômes ne contiennent que du vent, les débats et même la culture toute entière ne sont qu’une vieille soupe réductible à un gros « absurde » inscrit sur la devanture. Dans cette mascarade de carnaval-souk humain, tout est risible et grotesque, surtout nos noms de groupes, alors tant qu’on y est, autant en rire avec des bites, des culs, des putes, ou autres intestins grêles insérés entre les textes de nos morceaux. Et surtout, faisons simple, n’élaborons pas excessivement. Cette soudaine déconstruction dégage le chemin qui mène directement à la vérité du grand vide, qui rentre droit en plein dans le milieu de la gueule, ne laissant que des mâchoires crispées jusqu’à s’en mordre la trachée. On retrouve ainsi dans le grind une démarche grassement relativiste ou nihiliste, où tout ce qui compose la vie n’est qu’amusante imposture à démonter avec pas trop de syntaxe. Même que de savoir en étant en position de corps à corps que tout ça n'est que vaste connerie, au fond, c'est peut-être ça qui est rassurant. Servez-vous, sont disponibles de nombreuses formations à ce sentiment, et elles ne gardent que très rarement un ton systématiquement grave (genre Japanische Kampfhörspiele). Le second degré et le recul allezvousfairefoutiste sous-jacents au grind en font un genre qui, même lorsqu’il s’insère dans le pendant massivement immense ou le grandiose monolithisme de l’art, ne prend pas la peine de s’agenouiller devant ses éruptions créatrices.
C’est frappant de voir à quel point techniquement, le grind me semble être une forme tellement évidente de production sonore pour ne pas être démocratisée (TAPER TAPER HAAAA). Elle correspond à un besoin naturel, limite instinctif, de tenter de reproduire le chant du panzer sauvage ou de la chaîne d'abbattage. On peut éventuellement s’étonner qu’il n’y ait pas eu plus tôt cette vague de courageux musiciens à s’être sentis obligés de troquer les commandes du figurant quotidien contre l’hystérie spontanée sur scène, quitte à passer pour d’inoffensifs marginaux. Merde, c’est moi ou les murs de son ici mis au point sont essentiels à une perception musicale un minimum exhaustive d’un environnement où tout agresse sous des traits salement propres, comme les dorures en plastique de la réclame, qui va agresser par derrière le type en promenade, qui, pourtant, n’a jamais cherché une seule fois à brancher sa télé.
Nul besoin d’avoir sa carte d'anarchiste libertaire ou de se sentir intimement lié à Philippe Poutou pour comprendre, apprécier, voire vivre le grind le long des tendons. On ne fait que sortir cinq minutes l’orang-outang de sa cage. Même si on garde la laisse, ça fait un bien fou, la vraie vie sans mensonge car sans invention, tellement que ça pourrait sembler faire partie d’un équilibre dissimulé par la civilisation, en filigranes. Cet honorable hominidé n’est que l’homme tel qu’il est avant de se conditionner à un genre bien particulier de lutte pour l’existence façon Charles Darwin, une lutte trop structurée par des concepts et valeurs illusoires, une lutte sensiblement plus sophistiquée que la plutôt cordiale guerre du feu. L’homme civilisé le devient vraiment lorsqu’il reprends conscience qu’il peut, parallèlement à la mise au point de téléphones portables, de fusées, et de paperasses en tout genre, peut aussi jouir de sa véritable identité simiesque pendant une courte récréation. Vivre par les canaux auditifs cette facette sommeillante est un exercice sain que je recommanderai à toute personne qui a le bon sens de ne pas être intégralement amoureux de sa vie professionnelle. Le grind propose une gamme de sensations délicieusement palliatives aux manques et excès qui caractérisent notre mode d’organisation sociale. Vous savez, lorsque ces mélomanes se rencontrent, ça donne des trucs comme le festival de grind Obscene Extreme en république tchèque, où on ne peut d’ailleurs y trouver que de la bouffe végétarienne. Comme quoi, c’est pas parce qu’on parle beaucoup de viande qu’on en mange forcément tous les jours, de même que c’est pas parce qu’on aime laisser échapper des hurlements qu’on est plus animal qu’un homme.
Preuve aussi qu’on peut, dans son emploi du temps, alterner déflagration et cravate bonjour monsieur je vais bien merci et vous, le grind étant réputé excellent thymorégulateur. Notamment au cours des pauses sans clope, et surtout à l’occasion de déplacements pédestres pendulaires, encore mieux s’il faut prendre le métro. Le grind est une bande-son parfaite pour marcher à pas forcé dans les couloirs du métropolitain en sortant du boulot, encerclé de toute part par d’abjectes publicités et étouffé par les bancs de semblables végétatifs qui se laissent trop souvent aller à une très constante promenade sur le côté droit de l’escalator (ou, pire, le côté gauche), itinéraire mou auquel ils ont eu l’évidente paresse de refuser l’accoutumance. Pendant que nombre d’encéphalogrammes environnant ne font plus qu’attendre de parvenir à destination, l’amateur de grind, solitaire, exulte silencieusement. Il a sur les tympans une musique pure, un gros paquet de dizaines de secondes contenant l’explosion d’humanité qui s’égosille pour clamer qu’au fond, elle ne comprend plus grand-chose, et que là, maintenant tout de suite, il apparaît aussi primordial qu’urgent de se rattacher à l’origine du sentiment d’être vivant et de réagir au moins intracrâniennement aux déplaisantes vacuités de tous les jours.
Ce qui est notable aussi avec le grind, c’est que de par sa forme, il peut très difficilement constituer une musique sociale dont l’intérêt qu’y trouvent ses adhérents réside en premier lieu dans une perspective de convivialité. Concrètement, tu vas pas foutre du Pig Destroyer à une soirée, ou alors juste un morceau, pour montrer, tenter de partager. Le grind s’adresse davantage aux autistes qui s’affairent à rééquilibrer leurs pulsions en remplissant le silence, ou en se livrant à la catharsis à ecchymoses que peut constituer une chaude prestation sur scène. Pourtant, et ça m’agace un peu, la communauté d’adeptes comporte son lot de fanatiques pour qui l’élitisme propre au volume du grind n’est pas une barrière regrettable, qui connaissent comme leur poche la trace presque inaudible que constitue l’album Scum de Napalm Death, même que c'est la preuve ultime implicite qu'ils sont certainement bien supérieurs à la masse uniforme de joyeux aveugles qui n'auront jamais la chance d'arriver à apprécier du grind.
Parfois véritable religion identitaire, le grind est un genre suffisamment singulier et insolite pour permettre à certains de ses membres d’avoir une attitude exclusive face au gigantesque univers musical disponible dans google et que tout mélomane se devrait pourtant d’embrasser le plus largement possible. Ce serait triste de réduire le grindcore à un style de vie, alors que c’est, avant toute autre chose, un genre musical pertinent, unique de par les sensations qu’il peut procurer (c'est déjà pas mal). Je n’en suis pas un expert puisque je n’en apprécie qu’une sélection restreinte, mais je pense comprendre ce genre et savoir en faire bon usage. Aussi, je ne peux que pousser à s’offrir cette possibilité d’exutoire pratiquement gratuit, ou au moins de la reconnaître en tant que discipline suffisamment noble pour mériter mieux que de simples railleries ignares. Ca serait dommage d’y voir que du bruit. Aux antipodes question densité, d’autres verront, dans la musique atmosphérique, l’inintéressante répétition d’une note en suspension. Alors éduquez-vous, parce que le bon goût s’affine, le genre est voué à un avenir radieusement noir avec son métissage actuel via l’intégration d’éléments toujours renouvelés, importés du hardcore moderne et même du black métal.