La violence utile et comment y parvenir.
Ah, voilà un nom d'article bien étrange. Enfin, si on est quelqu'un d'à peu près utile pour ce monde car ayant retenu de Babar que la violence c'était mal, hé bien on trouve ce nom d'article étrange. Etant moi-même de nature dangereusement pacifiste depuis que je me suis fait punir à cause d'une morsure à l'oeil d'un de mes petits camarades en primaire, je considère en effet que tous ces jeunes de banlieue qui passent à la télé, et qui font voter les gens pour un monsieur qui a un cou comme celui des pélicans, ben ils ont tort. Hubert, dans l'excellent film de Kassovitz "La Haine", le dit bien, la violence n'entraîne que la violence.
Vous l'avez compris, jsuis d'accord avec Babar et Hubert, mais j'aimerais nuancer un peu tout ça, merde, jmappelle pas Jesus ou Gandhi. Il y a quelques années de cela, j'étais incapable de taper dans un oreiller. C'est comme ça. Et bizarrement, me faire caresser le bide par des couteaux de jeunes de banlieue un beau jour ne m'a pas donné non plus envie de m'y mettre. Bon, ok, j'ai eu envie d'acheter un Taser, mais c'est tout. Un peu de décence, non mais.
J'ai été plusieurs fois confronté à des gens au sang chaud, qui sont incapable de dialoguer ou qui décident de ne pas prendre de risque en s'assurant de pouvoir porter le premier coup. D'autres n'ont carrément rien à foutre de leur vie et ne cherchent à se battre que par plaisir, s'en prenant bien evidemment au plus faible, car comme dit le proverbe "on a toujours besoin d'un plus petit que soi pour lui péter la gueule". Après avoir tenté moulte fois de dialoguer avec ces gens et avoir couru très vite, pour finir par ressentir une véritable paranoïa du jeune de banlieue (j'ai encore fait un cauchemar hier tiens), j'en suis venu à cette conclusion : ces jeunes sont stupides.
Alors, -et jveux pas faire de parallèle avec Rocky-, tout en restant paradoxalement non violent, je me suis lancé de manière régulière dans la musculation. Toujours incapable de taper dans un malheureux coussin, ça fait maintenant plus de trois ans que je faisais mumuse avec des haltères. Le but : parvenir à être physiquement, à défaut de mentalement, capable d'exercer une violence utile. Quel étrange concept donc, surtout de la part d'un pacifiste né, non ? Mais voilà, après réfexion, ces jeunes stupides, il faut s'y résigner, ne comprennent en effet que la violence. Une bonne raclée, et ils réfléchiront deux fois avant de rouvrir leur gueule en face de n'importe qui. C'est facho, mais merde, c'est quand même inacceptable de se faire marcher sur les pieds par des rebuts dénués de tout esprit civique soit disant qu'ils sont habitués à vivre avec le sang chaud et le poing prêt à partir. Evidemment, je ne fais pas allusion aux vrais gens dangereux armés de batons de feux, où là, même avec un taser, il vaut mieux rester soumi ou courir, à défaut de s'appeller robocop. Je vous propose un nouveau concept : et si c'était les gens gentils qui faisaient la loi, et les pacifistes qui en foutaient plein la gueule ? Le feu par le feu.
Reste à trouver le moyen de se rendre capable psychologiquement d'agir, maintenant qu'on a pris quinze kilos de muscle. Et là je réponds : musique ! A l'origine, c'est le hardcore qui m'a rendu capable d'être violent. Comprenez dans le "hardcore" le rock hardcore issu du punk (et non le rap ou techno hardcores), souvent mis dans le moule du "metal" (qui lui est issu du rock). M'enfin, les genres se mélangeant depuis le début des années 90, ça marche dans les deux sens. Mais le KDS (Karate Dance Style) et toutes les pratiques de Mosh Pit viennent du Hardcore issu du punk. Ne pouvant pas saquer le mouvement punk, je vais vous expliquer en quoi ma logique n'a rien d'incohérent.
Si l'idéologie hardcore ("noyau dur" en anglais au cas où vous n'auriez jamais remarqué) conserve certains éléments du punk dont elle est musicalement issue (même riffs simplistes et même rythmique, mais hurlements remplacant les chants, guitares plus saturées et absence de mélodies) telles que la critique de l'autorité, le mépris de la religion, mais surtout la volonté de non-conformisme, la pensée hardcore affirme de manière optimiste l'amitié, la franchise, l'épanouissement personnel et la responsabilisation, ce qui dévie radicalement des idées d'auto-destruction typiquements punk.
En concert, pourtant, on se frappe, et on fait pas semblant en plus, me direz vous. En effet, voici quelques liens de guerilla warfare pour vous en rendre compte par vous même : ici, ici et là (aidez moi, je suis à la recherche de la musique du début de la 3ème). Mais le bon esprit règne, sauf pour les incrustes qui n'ont rien compris au principe : si quelqu'un tombe, on l'aide à se relever, et si on pète un bras, c'est rarement voulu. La violence physique n'est alors qu'une réaction face à la musique ; c'est d'ailleurs pour ça qu'on tappe souvent dans le vide.
Mais pourquoi est-ce que je vous parle donc de ça ? Hé bien vous pouvez faire le lien; vous avez un exemple de violence utile. Mieux : un entraînement psychologique à la violence utile. Au bout de quelques concerts, si on se bouge dépendemment de la musique, on apprend à se libérer de manière totalement naturelle. D'ailleurs, malgré les quelques douleurs, la pratique du moshpit et du KDS pendant une ou deux heures procurent une véritable sensation de bien être pendant plusieurs jours qui nous rappelle alors que la violence est vraiment humaine. Y'a pas de quoi être surpris si on aime. Alors la prochaine fois que vous aurez l'occasion d'exercer de la violence utile (de manière défensive) face à quelqu'un de stupide et lui même violent, pensez aux dizaines de geeks victimes qui attendent votre action pour se sentir vengés et vivre l'âme en paix. Et pour mettre tous les atouts en votre faveur, consultez les conseils de base de Bas Rutten.


















