J'aime pas la philosophie et la littérature non plus.
Cet article est en quelque sorte une suite, un "part deux" à "J'aime pas l'art". Son titre est aussi volontairement provocateur que l'autre : non je ne m'appelle pas Joseph Goebbels, je ne dis pas à la radio de propagande nazie "quand j'entends le mot culture, je sors mon revolver". Encore une fois, j'aime l'"art" à ma façon, même si je manque de culture vu qu'en prépa on a pas le temps de tout faire et qu'il faut bien choisir dans quoi on décide de se spécialiser. Souvent, je méprise les gens qui ne jurent que par l'art et la culture. Je n'aime pas les littéraires quoi (et je fais prépa sciences po, je sais), ils me donnent souvent envie de pousser un coup de gueule que voici.
Pas mal de ces gens ont en effet une manie qui a tendance à m'irriter : tirer pretexte de chaque occasion pour utiliser leur fameux savoir, leur culture. Le genre d'ahuris qui font corriger la moindre faute d'orthographe comme pour prouver que eux, ils l'ont vue. Dès qu'ils en savent un peu, ils ne peuvent pas s'empêcher de se torturer l'esprit pour étaler et appliquer ce qu'ils ont appris. Au bac comme en prépa, beaucoup de ceux-la ne comprennent pas pourquoi leur note est descendue en langues parce qu'ils ont fait une disserte et non un essai tout con comme on leur demande de faire. Quel snobisme ! Perso ça me viendrait pas trop à l'idée de citer Kant dans un essai ayant pour intitulé "pensez-vous que les français sont anti-américains ?". Ces gens ont oublié le principe de concret, jvois pas ce que la philosophie a à voir dans des questions de société ou de politique.
Mais ils me retorqueront, et ils ont raison, que si : les moeurs, la politique, etc, la philosophie en parle beaucoup, et est parfois même à l'origine des évolutions qu'on a pu observer hier et aujourd'hui. Mais voilà, ce qu'ils n'ont pas compris, c'est que si on le veut, on peut appliquer de la philo à tout, à chaque instant de la vie, en particulier si, contrairement à ces prétentieuses cultures naissantes, on est un
érudit en la matière. Être prétentieux, c'est pas prétendre savoir penser, c'est prétendre tout savoir.
Ce qu'ils n'ont pas compris non plus, c'est que la philosophie est une discipline qui relève de l'exercice de la pensée. Cpa pour rien qu'on passe des épreuves de philo dans beaucoups d'exams et concours alors que ça ne sert strictement à rien par la suite dans la profession (cf les futurs ingénieurs qui passent leur bac). La plupart des idées développées par les philosophes sont des idéaux, des images, des concepts. Oui, la philosophie permet de comprendre les enjeux éthiques, l'évolution des courants d'idées, les subtilités des systèmes idéologiques. Mais c'est tout. L'art de philosopher, c'est pousser le prodigieux talent de l'intelligence humaine du mieux qu'on peut, créer des idéaux de la raison. On ne peut que s'emerveiller devant les travaux des grands philosophes, comme on s'emerveille devant les travaux des grands mathématiciens et physiciens, qui sortent eux aussi du domaine du concret.
Ma formule "j'aime pas la philosophie" se nuance déjà, donc. Tout connement parce que j'aime bien ça, comme on ne peut pas ne pas aimer les travaux de pensée des hommes en général. Je n'en suis pas passionné, mais j'aime bien ça, et puis, jdois en faire parce que jpasse un concours aussi, ça aide. Cependant, et ça jle pensais avant d'en faire et je le pense toujours, et là le "j'aime pas la philo" se transforme : "j'aime pas le fait qu'on doive apprendre de la philo en tant que cours." Personnellement je réflechis beaucoup seul depuis plutôt jeune, comme je l'ai déjà dit à propos de mon sens de la vie ; mes idées n'ont pas changé où se sont enrichies depuis, notamment avec des références culturelles.
Comme j'ai pu le voir en prépa d'été, je ne suis pas complètement con vu que j'ai pondu des bonnes dissertes en ne sachant pratiquement rien. C'est pas que j'en suis fier (juste content ^^), mais jvoudrais mettre en avant cette dimension que j'aime dans la philosophie : le travail personnel. Reflechir seul sur ce qui nous entoure et sans se faire bourrer le crâne par des systèmes d'idées énumérés en terminale et plus tard, jtrouve ça cool.
Reflechir seul, si on est motivé par une curiosité naturelle, c'est facile, si si. C'est juste vraiment très chiant. Penser par soi-même, se forger ses idées avant d'aller en cours de philo, jtrouve ça plus bandant que de gober des références académiques entières. Qui mieux que l'individu libre peut décider de sa liberté, de sa vision du monde, de sa philosophie ?
Même choisir de s'en foutre du monde et de pas se poser de questions, c'est dû à une reflexion solitaire : il faut en être conscient.
Etudier les pensées de grands philosophes et penseurs divers par la suite, selon moi, c'est pour confronter ses idées avec celles d'autres personnes qui ont passé leur vie comme des nolife à réflechir sur des sujets qui nous obsèdent. Autant je trouve certains philosophes chiants et accessoires, autant je retrouve des prolongements de certaines de mes idées chez certains autres, par exemple Kant. Là oui, jsuis carrément très beaucoup interessé par mes cours de philo parce que justement le sujet m'interesse, et je veux en savoir plus dessus.
Comme je prône une certaine indépendance en philosophie, jsuis aussi favorable pour une indépendance en littérature. Je le redis, j'aime pas les littéraires. Parce qu'être littéraire snobiste, c'est, encore une fois, étaler sa culture et gagner en prestige ce faisant, parce qu'on a décidé (à juste titre, y'a pas vraiment d'autres façons de faire) que certaines oeuvres et pas d'autres
seraient académiques, qu'on devrait les étudier en cours, qu'on devrait les connaître et se mettre à genoux devant. Ok. Je trouve que le rouge et le noir de Stendhal est une grosse daube. Voilà. Mais je le dirai pas dans ma copie parce que jveux l'avoir, mon concours. Et en plus, j'ai décidé que mon temps libre ne servirait pas dans la lecture (ou sinon dans la lecture sur internet de résumés de bouquins que jdois lire pour mon concours), alors j'ai vraiment aucune culture à ce niveau là. Mais quand on lit seul, pour son plaisir et non pour joindre l'utile à l'agréable (parce que oui, j'aime lire), je considère comme puante cette obligation que ces littéraires snobs se font de ne lire que des trucs académiques. Je préfère Stephen King à Stendhal. Du moins, de ce que j'ai lu. Mais j'aime aussi l'étranger de Camus. Tout ça pour dire qu'on devrait choisir seul ses bouquins, bien qu'on puisse evidemment être conseillé, écouter des recommandations.
Et puis, je termine l'étalage de mon point de vue par un détail : je n'aime pas l'habitude snobisante des gens qui, cultivés ou non, se sentent obligés de s'exprimer de manière stylée et soutenue, et ce, de manière courante avec leurs proches, par exemple sur MSN ou par email. Ces gens confondent la communication et l'art littéraire. Je dis que c'est snobisant parce que ça équivaut directement les ridicules et inutiles codes de language du monde bourgeois : ils font ça uniquement pour tenter de se démarquer, de faire "mieux". Ecrire un livre, rédiger une copie demandent l'utilisation du style, de la touche personelle et laborieuse de l'auteur pour charmer le lecteur par ce processus obscur qui fait qu'on aime lire. Aujourd'hui encore j'ai pu constater que même après le bac, certains pensent toujours pouvoir/devoir se donner une identité, un style d'écrivain passionné, du même niveau que des gothiques de 13 ans qui écrivent des poèmes en s'ouvrant les veines avec une cuillère. Cette pratique rend tout dialogue ridiculement faux. Si vous avez du style, utilisez le quand vous écrivez un bouquin, sinon abstenez vous de déféquer des lignes pseudo-romantiques qui ne ressemblent à rien. Merci =).




























